Les marchés asiatiques s'accordent un répit après une journée noire

Les marchés asiatiques s'accordent un répit après une journée noire

Photo: Keystone

Les Bourses asiatiques s'accordaient un répit mardi après une journée noire sur les marchés financiers de la planète secoués par la crise grecque. Cela malgré la menace d'une déflagration en cas de défaut de paiement d'Athènes.

Sauf coup de théâtre, la Grèce, dont les caisses sont vides, n'honorera pas mardi sa dette de 1,5 milliard d'euros au Fonds monétaire international (FMI), ouvrant une nouvelle phase d'incertitude à cinq jours d'un référendum crucial pour le maintien du pays dans la zone euro.

Le scénario d'un défaut de paiement inquiète notamment les marchés pour son impact potentiel sur la devise européenne. L'euro qui s'était offert lundi une petite progression repiquait du nez mardi matin dans les échanges asiatiques, à 1,1192 dollar et 136,90 yens, sans cependant trop céder de terrain. Face au franc, l'euro valait vers 07h00 1,042 franc.

'La principale surprise c'est que l'euro ne s'affaiblit pas de façon marquée', relevait Matthew Sherwood chez Perpetual Ltd. dans une note aux clients, cité par Bloomberg. 'Le marché pense que la situation grecque est gérable même en cas de sortie de l'eurozone'.

Hong Kong a ouvert en très légère baisse de 0,04%, franchissant plusieurs fois en séance la ligne d'équilibre et terminant en hausse de 1,21% à mi-séance sous l'effet d'achats à bon compte après la forte correction à la baisse de lundi.

A Tokyo, le Nikkei des 225 valeurs vedettes affichait dans les premières minutes un gain de 0,32%. Il était en hausse de 0,11% à la pause. Séoul s'appréciait de 0,20% à la mi-journée, Sydney étant stable.

Malgré de fortes crispations, tant les Européens que les Grecs ont exprimé lundi leur volonté de trouver une issue qui permette d'éviter un divorce douloureux.

Sang froid

La chancelière allemande Angela Merkel s'est déclarée prête à de nouvelles négociations avec la Grèce 'après le référendum'. Le premier ministre grec Alexis Tsipras a estimé lui que ce référendum était précisément un moyen pour les Grecs d'être 'mieux armés dans la poursuite des négociations' avec les créanciers.

Pour David Gaud, gérant senior chez Edmond de Rothschild AM Hong Kong, les marchés devront faire montre de sang froid dans les jours et les semaines à venir compte tenu des nombreuses inconnues.

'Le calendrier politique est désormais brouillé avec la surprise du référendum' dont 'on ne connaît pas les termes de la question ou des questions qui vont être posées, et dont le résultat risque de créer plus d'incertitude encore', a-t-il commenté.

Les Grecs devront se prononcer sur l'acceptation ou non des mesures d'austérité proposées par les créanciers de la Grèce, le 'non' semblant devoir facilement l'emporter.

'Un +non+ voudrait dire (...) que la Grèce dit +non+ à l'Europe', a prévenu le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker.

Côté paiement, note David Gaud, 'la prochaine grosse échéance est le paiement attendu le 20 juillet, à la BCE cette fois', de plusieurs milliards d'euros de remboursements d'obligations. 'Avec déjà le paiement au FMI en suspens, le mois à venir va donc rester très volatile'.

Recul en Chine

Sous l'influence de facteurs indépendants de la crise grecque, la Bourse de Shanghai a de nouveau dégringolé mardi matin, perdant plus de 5% en séance, avant de se stabiliser pour finir quasiment à l'équilibre à la pause (-0,01%).

L'indice composite shanghaïen avait piqué du nez dès les premiers échanges, sombrant sous 3.900 points avant de remonter finalement au gré de fluctuations de marché chaotiques.

La Bourse de Shenzhen était en baisse de 2,16% à 2300,61 points, après avoir lâché plus de 6% en cours d'échanges.

Les marchés chinois s'étaient déjà effondrés de plus de 7% vendredi, et la débâcle s'est poursuivie lundi dans un contexte de panique générale (-3,34% à Shanghai, -6,06% à Shenzhen). La place shanghaïenne a perdu plus de 20% de sa valeur en deux semaines.

Shanghaï et Shenzen enregistrent le contrecoup de l'étourdissante envolée des derniers mois, déconnectée de l'économie réelle, et dopée par un endettement massif - via les 'opérations sur marge', technique constituant à emprunter de fortes sommes pour acheter des actions.

/ATS
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