Les partis accueillent froidement la solution du gouvernement

Les partis accueillent froidement la solution du gouvernement

Photo: Keystone

L'UDC menace de lancer une nouvelle initiative si le Parlement devait accepter la solution du Conseil fédéral pour mettre en oeuvre son texte contre l'immigration de masse. Les autres partis sont, au mieux, réservés. No comment de Bruxelles.

Malgré la clause de sauvegarde proposée vendredi par le gouvernement, il n'est pas possible d'imaginer comment il pourra réduire significativement l'immigration, écrit l'UDC dans une prise de position. Les instruments pour une baisse rapide de l'immigration ont pourtant été clairement définis dans la Constitution: contingents et préférence nationale.

Il est en conséquence 'incompréhensible', et 'inacceptable' que le gouvernement n'approfondisse pas la clause de sauvegarde en transposant l'article constitutionnel directement dans la loi. L'UDC considère de plus que le doute subsiste quant au seuil au-delà duquel serait appliquée ladite clause.

Il pourrait être placé si haut qu'il ne freinerait pas l'immigration. Cela rend impossibles toute évaluation sérieuse de l'effet de cette clause et une discussion au Parlement.

L'Action pour une Suisse indépendante et neutre rappelle pour sa part que la volonté populaire doit être respectée. 'En rusant, le Conseil fédéral veut masquer un rapprochement à l’UE', écrit l'ASIN dans un communiqué.

PS et Verts rejettent aussi la clause

Le PS et les Verts ne se satisfont pas non plus de la solution proposée par le Conseil fédéral. Les deux formations rejettent la clause de sauvegarde, qui menace la voie bilatérale. 'Plutôt qu'une solution unilatérale, nous devons privilégier une solution consensuelle', a déclaré à l'ats Roger Nordmann, chef du groupe parlementaire socialiste.

'Nous voyons désormais clairement que l'UDC a fait passer son initiative sur la base d'un gros mensonge', estime M. Nordmann, puisqu'il n'est pas possible de la mettre en oeuvre sans que cela ne conduise à la chute des accords bilatéraux. 'On paye cash les mensonges de l'UDC'.

Les Verts considèrent de leur côté 'évident' que l'UE n'acceptera pas un changement unilatéral des règles du jeu. Plutôt que d'être clair avec la population, le gouvernement veut à nouveau repousser le problème, écrivent-ils.

'C'est un cul-de-sac', pour le conseiller aux Etats genevois Robert Cramer, cité dans leur communiqué. Les Verts demandent au gouvernement de démontrer enfin 'que les promesses de l’UDC d’une exclusion compatible avec l’UE ne pourront pas être tenues'.

Même son de cloche au sein du groupe RASA - Sortons de l'impasse: la clause de sauvegarde unilatérale n'est pas une bonne idée car elle contredit les accords bilatéraux. De même, pour le Nouveau mouvement européen suisse, le choix du gouvernement préfigure une rupture annoncée des accords avec l’UE. Cette proposition 'ne fait pas avancer d’un pas la mise en œuvre de l'initiative' et 'complique encore davantage nos relations avec l’UE'.

Le PDC satisfait

Le PDC est seul à se satisfaire de la solution trouvée par le Conseil fédéral. 'Enfin, on y est. Le Parlement a désormais une base de travail', a déclaré à l'ats le président du PDC Christophe Darbellay, soulignant que sont parti était le premier à avoir proposé une clause de sauvegarde comme solution à l'initiative de l'UDC.

Selon M. Darbellay, il s'agit d'un modèle défendable et qui n'est pas totalement incompatible avec la libre circulation. En outre, il est connu et a déjà fait ses preuves. C'est la seule option, écrit le PDC dans un communiqué.

Le PLR moins

Du côté des libéraux-radicaux, on salue le fait que le Conseil fédéral prenne en compte le concept PLR 'ferme mais juste'. Le parti déplore néanmoins la lenteur, totalement incompréhensible, du traitement de ce dossier.

'La seule lueur d'espoir est que le Conseil fédéral essaie de trouver un compromis avec l'UE concernant l'application de la clause de sauvegarde', écrit le PLR dans un communiqué. Lors de la consultation du projet au parlement, il insistera sur l'examen de solutions alternatives.

Concernant les mesures d'accompagnement envisagées par le gouvernement, le PLR 's'engage pour une meilleure intégration au marché du travail des réfugiés reconnus, mais pas des demandeurs d'asile n'ayant pas de permis de séjour définitif'.

Le Parti bourgeois-démocratique considère la proposition comme 'une partie de la solution'. Le principal est de respecter la volonté populaire tout en préservant les accords bilatéraux, écrit le PBD dans un communiqué. Or l'incertitude demeure, qui affaiblit la place économique suisse et son modèle de réussite.

Milieux économiques

Le patronat souligne quant à lui la volonté du gouvernement de sauvegarder les bilatérales. Les différentes organisations patronales se disent satisfaites du mécanisme de la clause de sauvegarde, qui avait été proposé par les milieux économiques.

Les syndicats s'insurgent, eux, contre la faiblesse des mesures d'accompagnement. Le projet du Conseil fédéral a suscité une levée de boucliers de la part de l'Union syndicale suisse, de Travail.Suisse et d'Unia, qui fustigent la faiblesse des mesures adoptées pour lutter contre les abus sur le marché du travail. 'Le Conseil fédéral ferme les yeux', accuse l'USS.

/ATS
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