Les patrons horlogers continuent de sillonner le monde

Les patrons horlogers continuent de sillonner le monde

Photo: Keystone

Les patrons des sociétés horlogères sont en général plusieurs mois par année en déplacement. Des voyages qui restent indispensables, malgré les nouveaux moyens de communication, s'accordent à dire plusieurs dirigeants.

'Ma thèse, c'est qu'on ne peut pas se passer d'être sur le terrain', souligne Walter von Känel, 74 ans. L'emblématique patron de Longines est actuellement en train d'user son 28e passeport. 'Sur le terrain, vous voyez la concurrence, ce qui se vend. Vous pouvez motiver les troupes', affirme cet ancien colonel d'infanterie.

Walter von Känel ne s'occupe pas de tous les marchés, mais s'est par exemple beaucoup rendu en Russie et en Asie. Après Baselworld, qui vient de s'achever, il ira à Dubaï et la semaine suivante à Chengdu, en Chine.

Aldo Magada, le patron de Zenith, passe la moitié de son temps hors de la manufacture du Locle (NE). 'Le but est de faire des voyages rapides durant lesquels on peut rencontrer les détaillants et les consommateurs. On peut aussi détecter certaines tendances', indique-t-il.

Source d'inspiration

Elie Bernheim, le patron de la marque genevoise Raymond Weil, a passé la moitié de l'année passée en déplacement. 'C'est une source d’inspiration, de réflexion qui est très importante pour moi. Il n'y a pas un voyage d’où je rentre sans nouvelles idées', explique-t-il.

Reste à gérer la fatigue et le décalage horaire. 'C'est un rythme à prendre. La pénibilité de la chose au départ s'amenuise avec le temps', fait-il remarquer. Le dirigeant de 35 ans profite de ses voyages pour joindre l'utile à l'agréable, en découvrant de nouveaux restaurants dans chacune des villes où il se rend.

Le directeur général de Bulgari, Jean-Christophe Babin, partage son temps entre Rome, le siège de l'entreprise, et Neuchâtel, où est basé le pôle horloger de la société. Le Franco-Italien est entre 120 et 150 jours par année en déplacement.

Rencontrer les détaillants

Les moyens modernes de communication, comme les vidéoconférences, ne permettent pas de faire l'impasse sur les voyages. Pour avoir une compréhension plus globale du secteur du luxe, c’est difficile de ne pas être souvent à Shanghai, Hong Kong, Moscou, ou New York, estime l'ancien patron de TAG Heuer.

Pour Thierry Stern, président de Patek Philippe, l'idée consiste à rencontrer l'ensemble du réseau de détaillants, ce qui est essentiel pour une entreprise familiale. Le patron de Certina, Adrian Bosshard, passe, quant à lui, 30 à 40% de son temps en voyage. La marque possède 18 filiales et il s'avère important de rendre visite à chacune d'entre elles durant l'année.

François Thiébaud, le président de Tissot, passe 20% de son temps de travail à l'étranger. Selon le membre de la direction générale de Swatch Group, Skype ne peut remplacer le contact personnel. De son côté, le patron de la marque vaudoise Hublot, Ricardo Guadalupe, passe 130 jours par année à l'étranger. Sur 18 mois, il se désole d'avoir passé 27 jours dans un avion.

Des voyages plus courts

Flavio Pellegrini, président de la marque Ebel et responsable du Moyen-Orient pour toutes les marques de MGI Luxury Group, confie qu'il voyage de plus en plus, environ 60% de son temps. 'L'environnement change sans arrêt, donc il faut se déplacer pour saisir les opportunités', estime-t-il.

La façon de voyager a changé. Désormais, les voyages sont courts. En deux jours, il fait l'aller-retour avec les Etats-Unis. Une façon de voyager qui permet de moins souffrir du jet-lag, car le corps n'a pas le temps de s'habituer au nouveau fuseau horaire et le temps d'adaptation est plus court de retour en Suisse, explique Flavio Pellegrini.

/ATS
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