Louer ou partager plutôt qu'acheter, bientôt une réalité en Suisse

Louer ou partager plutôt qu'acheter, bientôt une réalité en Suisse

Photo: Keystone

L'économie du partage est sur le point de prendre son envol en Suisse. D'ici une année, une personne sur deux va passer par des plates-formes en ligne pour louer ou proposer des biens ou des services. Une sur cinq a déjà fait le pas, selon une étude.

Les consommateurs suisses sont majoritairement convaincus que le fait de louer ou d'emprunter revient moins cher que d'acheter. De plus, ils considèrent que le principe du partage est durable, dévoile le cabinet de conseil Deloitte dans une étude sur la 'sharing economy' (économie collaborative ou du partage, ndlr) publiée mercredi.

Pour l'instant, les secteurs les plus concernés par l'économie collaborative sont les transports et le logement. A l'avenir, le domaine des services va également prendre son envol.

L'économie collaborative est née aux Etats-Unis. Ebay compte par exemple parmi ses précurseurs. Mais le vrai boom est apparu après la crise financière. Aujourd'hui, les sociétés les plus connues ont pour nom Airbnb pour le logement, Uber pour la mobilité, ou Wework pour les services.

Quelque 12 milliards de dollars (11,2 milliards de francs) sont investis dans ce type d'entreprises chaque année, soit deux fois plus que les sommes investies dans les startups actives dans les réseaux sociaux. Au total, le volume du marché se monte à 26 milliards.

Grand potentiel en Suisse

Le potentiel de croissance de l'économie du partage est grand en Suisse. De façon surprenante, il est même plus important qu'aux Etats-Unis, indiquent les auteurs de l'étude.

Pour l'instant, 21% des Américains y ont déjà eu recours. D'ici un an, ce chiffre se montera à 45%, soit 10% de moins qu'en Suisse. Les notions de propriété et de possession sont profondément ancrées dans la société américaine, avance l'étude comme explication.

Romands plus enthousiastes

En Suisse, l'économie du partage n'est toutefois pas appréciée uniformément, détaille l'étude. Elle récolte 65% de partisans parmi les personnes interrogées en Suisse romande, alors qu'ils ne sont que 32% outre-Sarine. La moitié des Suisses alémaniques ne sont d'ailleurs explicitement pas des adeptes de ce modèle économique.

Plusieurs entreprises misant sur l'économie du partage ont déjà vu le jour en Suisse, comme par exemple Housetrip, une des plus grosses plates-formes pour la location de logements en Europe. Les experts de Deloitte citent également Parku ou Sharoo, qui permettent aux consommateurs de partager des places de parcs de stationnement ou des voitures.

Pas encore la Silicon Valley

Les conditions-cadres pour que de nouvelles sociétés voient le jour en Suisse sont bonnes, selon l'étude. Peu d'interventionnisme étatique, peu d'obstacles administratifs et une main-d'oeuvre bien formée et qualifiée sont clairement des avantages.

Les jeunes entreprises ont toutefois souvent du mal à trouver des investisseurs pour se développer dans un deuxième temps, après le lancement de leur concept. Les salaires et les coûts de production sont également plus élevés qu'à l'étranger. La Suisse est donc encore relativement loin d'être une Silicon Valley, concluent les auteurs.

/ATS
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