Plan du PS pour mettre fin à la discrimination salariale des femmes

Plan du PS pour mettre fin à la discrimination salariale des femmes

Photo: Keystone

Les entreprises devraient vérifier régulièrement leurs salaires et communiquer de façon transparente les résultats des contrôles à leurs employés. Le Parti socialiste a présenté un plan de mesures visant à promouvoir l'égalité salariale entre hommes et femmes.

Le manque à gagner pour les femmes est estimé à 7,7 milliards de francs par an, selon le PS. En moyenne, les salariées du secteur privé gagnent 1800 francs de moins que les hommes. Parmi une dizaine de mesures proposées pour mettre un terme à cette 'discrimination', l'instauration d'un contrôle obligatoire tous les trois ans figure en première ligne.

Les résultats publiés, chaque employé-e pourrait connaître les salaires versés au sein de son entreprise et les données relatives au sexe, à la position hiérarchique, à l'activité et au niveau de formation. 'Les travailleurs autant que les employeurs ne sont souvent pas conscients de l'existence d'une discrimination salariale', a souligné mardi Cesla Amarelle, conseillère nationale (PS/VD) et vice-présidente des Femmes socialistes suisses.

Autorité de contrôle

Aujourd'hui, les entreprises sont censées lutter contre les inégalités salariales sur une base volontaire, rappelle le PS. Le plan du parti - qui compte treize mesures - prévoit la création d'une 'autorité de contrôle indépendante', qui veillerait au respect de l'obligation de contrôle au niveau national.

Elle devrait auditer régulièrement les entreprises et pourrait prononcer des sanctions le cas échéant, notamment des amendes. Pour les socialistes, cette autorité de contrôle 'concrétise enfin le mandat donné par la constitution fédérale dans son article sur l'égalité' (1981).

Le PS propose aussi la création d'une 'figure de médiation' au sein des entreprises de plus de 50 personnes. Celle-ci serait avant tout chargée 'de soutenir dans leurs démarches les collaborateurs et collaboratrices victimes d'une discrimination salariale liée au sexe'.

20 semaines de congé parental

Outre de lutter contre la discrimination salariale, les socialistes exigent une répartition plus équitable du travail rémunéré et non rémunéré entre femmes et hommes, notamment avec plus de crèches pratiquant des tarifs abordables et d'écoles à horaire continu gratuites.

L'accueil extrafamilial des enfants profite surtout aux femmes, fait valoir le PS: elles peuvent s'investir davantage dans la vie professionnelle et leur salaire s'en trouve poussé vers le haut. 'Nous ne voulons pas que toutes les femmes travaillent', précise la présidente des Femmes socialistes suisses Yvonne Feri, 'mais que les femmes, tout comme les hommes, puissent avoir réellement le choix.'

Pour favoriser une répartition plus équitable du travail rémunéré et non rémunéré, le parti demande aussi le droit à un congé parental de 20 semaines pour chaque parent. Payé à hauteur de 80% du salaire, ce congé pourrait être pris à temps partiel - ce qui prolongerait sa durée - mais ne serait pas reportable sur le ou la conjointe.

Représentation des sexes

Les socialistes veulent également promouvoir une 'représentation appropriée des deux sexes à tous les niveaux', par exemple en introduisant des quotas dans les directions et conseils d'administration des grandes entreprises ainsi que dans les services publics.

Une meilleure représentation des sexes dans la société passe aussi, selon le PS, par une éducation exempte des stéréotypes de genre. 'Les programmes scolaires et le matériel pédagogique doivent être neutres quant au genre', plaide Mme Feri, conseillère nationale (PS/AG).

Convaincre UBS et Google

Le Parti socialiste a envoyé lundi une lettre à seize des plus grosses entreprises de Suisse, telles UBS, Nestlé ou Google Suisse, par laquelle il les invite à s'attaquer aux inégalités salariales, avec une analyse régulière des salaires et la publication de ses résultats.

'Tant que les salaires ne sont pas connus, les discriminations salariales demeurent une réalité', explique Andy Tschümperlin, conseiller national (PS/SZ) et président du groupe socialiste aux Chambres fédérales. Il espère que les entreprises en question donneront l'exemple en s'engageant davantage pour l'égalité salariale.

/ATS
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