Réactions contrastées à propos du Gothard et de l'iniative UDC

Réactions contrastées à propos du Gothard et de l'iniative UDC

Photo: Keystone

Avec l'acceptation du deuxième tube routier du Gothard, qui se dessine dimanche, les premières réactions des opposants expriment la déception. Le refus prévisible de l'initative de l'UDC sur le renvoi des criminels étrangers suscite lui des réactions contrastées.

Les Verts et le PS vont tout faire pour obtenir des garanties fermes du Conseil fédéral afin que les capacités de transit par la route à travers les Alpes ne soient jamais augmentées.

'Je vais déposer prochainement une interpellation au Parlement pour que le Conseil fédéral s'engage à ne jamais ouvrir les deux voies par tube et modifier la Constitution', a déclaré à l'ats la présidente des Verts Regula Rytz.

Pas un plébiscite à la route

Nous demanderons également que le gouvernement fasse tout son possible pour éviter l'arrivée des 'gigaliners' dans le tunnel du Gothard. Ces super-camions (60 tonnes) devront transiter sur les transversales ferroviaires alpines, selon la conseillère nationale (Verts/BE).

Le conseiller national Roger Nordmann (PS/VD) partage les craintes de la Bernoise. Pour lui, il faut désormais poursuivre la politique de transfert de la route au rail, seul garant d'une véritable sécurité. Ce d'autant plus que les deux tubes routiers ne seront opérationnels qu'en 2030, ajoute le vice-président de l'Association transports et environnement (ATE).

Interrogé sur les implications du oui à l'assainissement du Gothard pourrait avoir sur l'initiative 'vache à lait', les deux conseillers nationaux n'ont pas trop de craintes. La votation de dimanche n'est de loin pas un plébiscite à la route, selon Roger Nordmann.

Président de l'Initiative des Alpes, Jon Pult rappelle également la responsabilité de la ministre des transports Doris Leuthard dans ce dossier. 'Notre mission sera de poursuivre le transfert de la route au rail dans le cadre des NLFA'. Selon l'opposant au deuxième tube, les Suisses ont glissé un 'oui' dans l'urne par volonté d'un assainissement du tunnel de 1980, et non pas d'un accroissement du trafic au Gothard.

Surpris par la netteté du résultat

Sécurité et solidarité: telles sont les deux principales raisons qui ont poussé les Suisses à accepter le deuxième tube routier au Gothard, selon les défenseurs du projet. Ces derniers se disent par ailleurs surpris de la netteté du résultat de dimanche.

Le 'oui' glissé dans l'urne par une majorité de votants est une décision 'raisonnable, qui montre que les Suisses ont compris la nécessité d'un assainissement de cet ouvrage', a réagi auprès de l'ats Thierry Burkart, vice-président du TCS et conseiller national PLR. 'Tout le monde sait que le tunnel de 1980 est une solution du passé, que plus personne ne construirait actuellement. Déjà à l'époque, ce choix avait été motivé par des raisons économiques', a souligné pour sa part Filippo Lombardi, conseiller aux Etats PDC.

Le Tessinois se réjouit sans surprise du fait que les citoyens helvétiques ont montré une solidarité marquée envers les habitants de son canton, qui auraient pu se retrouver isolés durant les trois ans de travaux. Aussi bien le parlementaire libéral-radical que son collègue démocrate-chrétien évoquent par ailleurs le manque d'alternatives convaincantes pour expliquer le plébiscite d'un deuxième tube au Gothard.

Les craintes d'Adrian Amstutz

Le net refus qui se dessine contre l'initiative de mise en oeuvre sur le renvoi des criminels étrangers (59%) fait craindre à l'UDC un abus de la clause de rigueur qui offre une marge de manoeuvre aux juges. Selon Adrian Amstutz, les exceptions ne doivent pas devenir la règle.

Le Parlement a élaboré une loi d'application qui ne retient que les crimes les plus graves pour permettre une expulsion automatique, elle offre ainsi une petite marge de manoeuvre aux juges avant d'expulser des criminels étrangers, 'dont il ne faudra pas abuser', a déclaré le chef du groupe parlementaire sur les ondes de la radio SRF.

Comment expliquer la défaite de l'UDC? Selon Albert Rösti, qui devrait probablement succéder au président de parti Toni Brunner, le texte faisait l'unanimité contre lui, parce qu'il fallait empêcher que l'UDC gagne encore. Malgré cette défaite, la campagne a eu l'avantage de mettre sur le devant de la scène la problématique de la sécurité, a-t-il souligné.

La gauche, par contre, se réjouit du résultat. Mais elle ne se relâche pas et appelle déjà 'à poursuivre le combat'.

'Merci aux milliers de militants engagés contre l'initiative UDC. Il faut poursuivre le combat pour l'Etat de droit', écrit Christian Levrat sur Twitter. Sur le même réseau social, Carlo Sommaruga (PS/GE) demande à ses concitoyens de 'persister', faisant écho au 'ne faiblissons pas!' de son collègue vaudois, Jean Christophe Schwaab (PS/VD).

/ATS
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