Restructuration chez General Electric: 500 manifestants à Baden

Restructuration chez General Electric: 500 manifestants à Baden

Photo: Keystone

L'annonce de General Electric (GE) de supprimer jusqu'à 1300 emplois en Suisse continue de faire des vagues. A l'appel des syndicats, 500 personnes sont descendues dans la rue samedi à Baden (AG) pour réclamer le maintien des emplois et un engagement des politiques.

Les dirigeants du géant américain ont été vertement critiqués par les orateurs: ces suppressions d'emplois ne se justifient pas au vu des résultats actuels, a dénoncé Ernst Giger, représentant du personnel de GE Suisse. Il ne s'agit que d'une manoeuvre financière pour satisfaire les actionnaires.

Selon Mathias Regotz, du syndicat Syna, GE affiche un chiffre d'affaires annuel de 150 milliards de francs et verse 26 milliards de dividendes. Avec un seul milliard, toutes les places de travail menacées pourraient être maintenues pendant plusieurs années, calcule-t-il.

Présent à cette manifestation de solidarité, le maire de Baden Geri Müller (Verts) a rappelé la longue tradition industrielle de la ville. C'est d'ailleurs pour cette raison que des entreprises comme ABB et GE y emploient d'excellents professionnels, a-t-il souligné.

'Passivité' de Schneider-Ammann

Le conseiller national Cédric Wermuth (PS/AG) a pour sa part fustigé la passivité du président de la Confédération Johann Schneider-Ammann dans ce dossier. La manifestation était organisée par la représentation du personnel de GE Suisse, les syndicats Unia et Syna, par Employés Suisse et la Société des employés de commerce. Ils espéraient quelque 1500 participants.

Les syndicats appellent le gouvernement argovien et le Conseil fédéral à 'imposer à GE de préserver les emplois menacés', selon un communiqué des organisateurs. Ces emplois sont cruciaux pour l'industrie suisse, estiment Unia et Syna.

'On ne peut pas se permettre une désindustrialisation', insiste Christian Gusset, responsable de la branche chez Unia, cité dans le communiqué. Mathias Regotz exige une stratégie nationale: 'Il faut créer au plus vite un groupe d'action national formé de représentants de la Confédération et des cantons, des syndicats et des associations patronales.'

De la transparence

Les syndicats exigent aussi plus de transparence de la part du géant américain: 'Quels sont les postes menacés? Quels domaines est-il prévu de délocaliser?', questionnent-ils.

Concrètement, ils réclament que GE 'renonce aux suppressions d'emplois prévues pour élaborer avec la task force créée des solutions permettant de préserver durablement l'emploi dans le canton d'Argovie'.

Créé dès le lendemain de l'annonce de GE, ce groupe de travail est formé du Conseil d'Etat, de la représentation du personnel, des syndicats et des sociétés d'employés. Il travaille également avec la direction de GE, les communes concernées, la Confédération et les organisations économiques cantonales, a expliqué le conseiller d'Etat argovien en charge de l'économie Urs Hofmann. Il s'exprimait dans une interview parue samedi dans l'Aargauer Zeitung'.

Problèmes de compétitivité

General Electric a annoncé le 13 janvier qu'il envisageait de supprimer jusqu'à 1300 emplois sur les 5500 que comptent les sites argoviens de Baden, Birr, Dättwil, Turgi et Oberentfelden. Et ce seulement deux mois après avoir repris le pôle énergie du groupe français Alstom.

Sur le plan européen, les suppressions s'élèvent à 6500 des 35'000 postes. GE a évoqué des problèmes de compétitivité pour justifier cette restructuration. La production d'électricité par des turbines à gaz ou à vapeur a considérablement reculé, explique la société.

Selon Ernst Giger, les employés suisses sont en contact avec les autres associations professionnelles européennes. Tant que le processus n'est pas bouclé en Europe, aucun licenciement ne peut être prononcé en Suisse, affirme le représentant du personnel.

/ATS
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