Toblerone sera toujours produit à Berne, malgré le projet Swissness

Toblerone sera toujours produit à Berne, malgré le projet Swissness

Photo: Keystone

Mondelez, le producteur du Toblerone, continuera à fabriquer le célèbre chocolat à Berne, malgré le projet de loi 'Swissness'. Daniel Meyer, patron du groupe américain en Suisse, l'a assuré dans une interview à la Berner Zeitung de vendredi.

Il réclame toutefois des conditions cadres équitables pour l'achat des matières premières. Selon les lois 'Swissness' adoptées par le Parlement, les denrées alimentaires prétendant à un label 'Swiss made' doivent contenir au mois 80% de matières premières helvétiques. Pour Toblerone, cela pose problème en raison des prix élevés dans le pays.

'Actuellement, nous respectons tout juste ce taux, mais je ne sais pas si nous pourrons encore y parvenir à moyen terme. A cause du franc fort et des prix élevés des matières premières, la situation des exportateurs de produits alimentaires est devenue plus dramatique que ce qu'on veut bien admettre au Palais fédéral', souligne M. Meyer.

Pour lui, le projet Swissness accentue dangereusement les problèmes du secteur. Environ 97% de la production de Toblerone est vendue à l'étranger, dans une large mesure en Europe. Suite à la chute de l'euro ces dernières années, la marque a dû considérablement augmenter ses prix dans la zone euro et ses ventes se sont par conséquent repliées.

Lait suisse coûteux

La capacité d'exportation de fabricants de denrées alimentaires suisses est ainsi remise en question. 'Cela tient notamment au fait que nous devons acheter nos matières premières - lait et sucre - sur un marché agricole suisse confiné et donc corrélativement cher', poursuit Daniel Meyer.

Le projet 'Swissness' restreint en outre énormément la marge de manoeuvre du chocolatier. 'Nous ne pouvons plus décider de mélanger temporairement, pour des raisons de coûts, un peu plus de poudre de lait et de sucre provenant de l'étranger, car nous perdrions alors immédiatement le label suisse', explique le responsable pour la Suisse de Mondelez.

'En outre, notre capacité de négociation se voit affaiblie par rapport aux fournisseurs, alors que nous dépendons de leurs produits pour répondre aux critères Swissness'.

'Loi chocolatière'

Toblerone souhaiterait continuer à recevoir au moins 80% de ses matières premières en provenance de Suisse, mais à des prix inférieurs, relève Daniel Meyer dans la Berner Zeitung. 'On pourrait imaginer que la Confédération modifie le système de la 'loi chocolatière'. Actuellement, celui-ci nous reverse des millions, que nous devons ensuite transmettre aux agriculteurs'.

Il serait plus simple que l'argent soit directement versé aux agriculteurs, afin qu'en contrepartie, ceux-ci puissent vendre moins cher leurs produits, pour autant qu'ils soient destinés à l'exportation, suggère M. Meyer.

La 'loi chocolatière' réglemente la compensation du prix des matières premières agricoles qui sont exportées sous forme de produits transformés. En vertu de cette loi, les exportateurs peuvent demander une compensation financière pour les produits qu'ils vendent à l'étranger.

Le projet 'Swissness', qui doit entrer en vigueur le 1er janvier 2017, prévoit quant à lui que pour les produits naturels transformés, au moins 80% du poids des matières premières doit provenir de Suisse. Des exceptions sont prévues pour les produits qui n'existent pas en Suisse, comme le cacao.

/ATS
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