Toujours pas d'accord sur le nucléaire iranien

Toujours pas d'accord sur le nucléaire iranien

Photo: Keystone

Les négociateurs du dossier nucléaire iranien se préparaient vendredi à un nouveau week-end de pourparlers. Des 'obstacles' compromettaient en effet toujours la perspective d'aboutir à un accord historique après 14 jours de discussions acharnées à Vienne.

Les Etats-Unis ont fait savoir que l'accord-cadre sur le dossier conclu début avril à Lausanne allait être prolongé jusqu'à lundi pour permettre la poursuite des négociations. L'Union européenne a prolongé d'autant le gel de certaines sanctions contre Téhéran, dans le même objectif.

Les pourparlers entre l'Iran et le groupe '5+1' (Etats-Unis, Grande-Bretagne, Russie, Chine, France et Allemagne) sont destinés à garantir la nature pacifique du programme nucléaire iranien en échange d'une levée des sanctions internationales qui étouffent l'économie du pays.

Pourparlers 'péniblement lents'

'A mon avis, un compromis sera trouvé bientôt', a estimé le président russe Vladimir Poutine. Le chef de la diplomatie britannique Philip Hammond a de son côté annoncé que les pourparlers progressent mais restent 'péniblement lents'. Les ministres doivent se retrouver samedi pour tenter de 'surmonter les derniers obstacles', a-t-il précisé.

Les principaux acteurs de la négociation, l'Américain John Kerry et l'Iranien Mohammad Javad Zarif, se sont à nouveau rencontrés vendredi matin. Interpellé à l'issue de cette réunion, M. Zarif a indiqué penser devoir rester tout le week-end encore à Vienne. Et le lundi ? 'Je n'espère pas', a-t-il souri.

Trois scénarios en cas d'absence d'accord

Les négociations, engagées il y a près de deux ans et initialement censées aboutir pour la date butoir du 30 juin, ont été déjà prolongées à deux reprises. Le dernier délai s'achevait théoriquement vendredi soir.

Un premier ultimatum a déjà expiré: dans la mesure où un accord n'a pas été trouvé avant 06h00 du matin à Vienne, le Congrès américain, dominé par les républicains, aura désormais 60 jours pour étudier un éventuel accord conclu, au lieu de 30 jours. Or l'administration démocrate du président américain Barack Obama craint qu'un doublement du délai à 60 jours ne fasse capoter l'accord.

En pratique, trois scénarios s'offrent aux négociateurs si aucun accord ne se profile: une nouvelle prolongation du round viennois, une déclaration d'échec - jugée peu probable par les observateurs en raison des enjeux et des efforts déployés - ou un report des pourparlers, une hypothèse longtemps taboue.

Points non résolus

Plusieurs points restent non résolus. Téhéran réclame notamment la levée des restrictions sur les armes et sur son programme balistique.

Moscou a apporté un soutien de poids aux demandes iraniennes en souhaitant la levée 'dès que possible' de cet embargo, un des points de crispation de la négociation. Un responsable iranien a affirmé que la Chine soutenait également cette position.

Les Occidentaux, tout en convenant que chaque pays a un programme militaire conventionnel, jugent qu'une levée de l'embargo sur les armes maintenant serait difficile à faire passer politiquement, en raison du contexte régional.

Autres principaux points de désaccord: le rythme de levée des sanctions, l'inspection des sites militaires iraniens et la durée de l'accord.

/ATS
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