UE: pas de concessions avec la Suisse sans accord avec Londres

UE: pas de concessions avec la Suisse sans accord avec Londres

Photo: Keystone

L'Union européenne ne fera pas de concessions sur les questions bilatérales avec la Suisse, tant qu'elle n'aura pas trouvé d'accord avec la Grande-Bretagne. Selon Bruxelles, une entente serait possible d'ici cet été, a indiqué Johann Schneider-Ammann en marge du WEF.

Selon le premier vice-président de la Commission européenne Frans Timmermans, avec lequel le président de la Confédération s'est entretenu à l'occasion du Forum économique mondial (WEF) à Davos (GR), la Suisse reste dans l'attente, tant que la situation avec la Grande-Bretagne n'est pas clarifiée.

Son premier ministre David Cameron a à nouveau justifié jeudi le maintien d'un référendum sur la sortie de son pays de l'UE. Il souhaite ralentir l'immigration en provenance de l'UE, en particulier des pays de l'Est. Or si Bruxelles se montre flexible avec Londres, il sera difficile pour elle de faire autrement avec Berne.

Dialogue toujours possible

En attendant, la Suisse devra se montrer patiente, ce qui ne l'arrange pas, car elle devra activer une clause de sauvegarde unilatérale. Le Conseil fédéral compte soumettre son message au Parlement en mars déjà.

Le gouvernement définirait de son côté quel seuil d’immigration il compte fixer pour les ressortissants européens au-delà duquel des nombres maximums et des contingents seront introduits dès l’année suivante. Il préciserait aussi à qui les plafonds s'appliquent et pour quels motifs de séjour.

Mais comme l'a rappelé le ministre des affaires étrangères Didier Burkhalter jeudi à l'ats, Berne continuera de privilégier le dialogue et pourra toujours poursuivre ses négociations avec Bruxelles en parallèle. Et si les discussions devaient aboutir, il introduirait cet élément dans un message additionnel.

Car c'est dans l'intérêt des deux parties de trouver une solution, n'ont cessé de répéter les deux conseillers fédéraux libéraux-radicaux. L'enjeu est de trouver une interprétation commune de la clause de sauvegarde sans devoir dénoncer l'accord sur la libre circulation des personnes.

Convaincre Paris

Raison pour laquelle, ils tentent de s'expliquer auprès des représentants des pays voisins qui auront aussi plus de poids pour convaincre les autres Etats-membres de l'Union européenne.

Johann Schneider-Ammann a notamment rencontré le premier ministre français Manuel Valls et le président allemand Joachim Gauck, tandis que Didier Burkhalter s'est entretenu le chef de la diplomatie français Laurent Fabius. Et ce n'est que partie remise. Le président de la Confédération rencontre son homologue français François Hollande samedi à Colmar.

Paris joue en effet un rôle important dans ces négociations, car elle se montre intransigeante sur la libre circulation. Lors de sa visite d'Etat à Berne en avril 2015, François Hollande avait campé sur ses positions et avait avoué ne pas savoir si une issue était possible avec Bruxelles.

Cela fera bientôt deux ans que la Suisse essaie de trouver une solution pour pouvoir appliquer l'initiative de l'UDC 'contre l'immigration de masse'. Celle-ci demande une limitation de l'immigration à l'aide de contingents.

/ATS
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