Critique du film "La petite chambre"

Un premier long métrage prometteur projeté mercredi soir à Delémont. Alors que la programmation était déjà bouclée, les organisateurs du festival Delémont-Hollywood, l’ont modifiée au dernier moment pour y faire figurer "La petite chambre". Ce film, réalisé par les deux Lausannoises Stéphanie Chuat et Véronique Reymond, a rencontré un beau succès dès sa première présentation au public, cet été à Locarno. La critique de Léonie Béguelin.

A la fin du film, Stéphanie Chuat était présente pour répondre aux questions des spectateurs. Mais dans la salle, personne n’a souhaité prendre la parole. Il faut dire qu’elle touche, cette histoire, et qu’il faut un temps de silence pour laisser passer l’émotion.

La petite chambre, c’est celle de l’enfant de Rose, et de son mari, un enfant perdu à 8 mois de grossesse. Tout y est resté intact: le lit, les tiroirs pleins d’habits pour le bébé, les décorations… Intacte aussi, la douleur de la jeune femme, qui ne veut pas admettre la réalité. Mais tant bien que mal, Rose tente de refaire surface. Elle reprend son travail d’infirmière à domicile. Et c’est dans ce contexte qu’elle rencontre Edmond, un vieil homme bougon, qui sent son corps sur le déclin et qui semble en vouloir au monde entier. Entre ces deux écorchés vont se nouer d’étranges liens, de confiance, d’amitié, de tendresse presque filiale, sans que l’on distingue bien d’ailleurs lequel des deux se prend pour le parent de l’autre.

Et le duo fonctionne: par leur authenticité et leur finesse, associées à la pudeur de la réalisation, la superbe Florence Loiret et le magistral Michel Bouquet nous font rire, nous font pleurer… et même les deux à la fois. /lbe

Partager
Link
Météo
Restez informé

Pour tout savoir sur l'actualité, inscrivez-vous à notre newsletter et recevez chaque soir dès 16h30 toutes les news de la journée.