Plainte de l'USS sur la négociation collective admise au BIT

BERNE - Une commission d'experts du Bureau international du travail (BIT) a admis une plainte de l'Union syndicale suisse (USS) sur l'érosion de la négociation collective en Suisse. Elle a demandé à Berne de s'expliquer.Les experts de la commission des normes du BIT, réunis à l'occasion de la conférence internationale du travail, ont enjoint les autorités suisses à répondre aux critiques de l'USS sur l'application dans la pratique de la Convention 98 sur le droit d'organisation et de négociation collective, ratifiée en 1999. La Suisse doit présenter un rapport cette année."Nous sommes satisfaits de la décision des experts. Notre plainte n'a pas été rejetée par le BIT. C'est un début", a affirmé le secrétaire central de l'USS, Jean-Claude Prince, interrogé par l'ATS.La commission du BIT a invité également "le gouvernement suisse à poursuivre un dialogue réel avec les partenaires sociaux sur la discrimination anti-syndicale".La commission a en outre regretté que la Suisse n'ait pas répondu, depuis 2004, à de précédentes critiques de l'USS. Les experts ont pris note de l'engagement du gouvernement, représenté par l'ambassadeur Jean-Jacques Elmiger, du Secrétariat d'Etat à l'économie (Seco), de présenter son rapport au comité sur la liberté syndicale en novembre.Jean-Claude Prince a dénoncé devant les experts "l'hémorragie qui frappe les conventions collectives en Suisse". En 1990, la couverture des conventions collectives s'étendait à 50% des emplois. Elle n'atteignait plus que 36,7% en 2003, a indiqué le délégué de l'USS, avec de grandes disparités selon les cantons.Il a aussi critiqué "la mise à l'écart des syndicats par certains employeurs qui préfèrent négocier directement avec les représentants de leur personnel", en contradiction avec les conventions du BIT.Et de souligner à l'intention des autorités suisses: "à quoi bon élaborer des normes et exiger leur respect par d'autres pays, qui dans leur grande majorité sont bien plus mal lotis que le nôtre", si la Confédération "ne s'inspire pas des dispositions de droit international du travail auquelles elle a adhéré".Les comités d'experts du BIT ne décident pas de sanctions (sauf dans des cas extrêmes, comme le travail forcé en Birmanie), mais adoptent des recommandations transmises au conseil d'administration du BIT. /ATS
Partager
Link
Météo
Restez informé

Pour tout savoir sur l'actualité, inscrivez-vous à notre newsletter et recevez chaque soir dès 16h30 toutes les news de la journée.