Banlieue parisienne: Chirac et Villepin sonnent le rassemblement

PARIS - Après six nuits de violences urbaines, Jacques Chirac et Dominique de Villepin ont décrété la mobilisation de tout le gouvernement. Signe de la gravité de la crise, le premier ministre a renoncé à la dernière minute à un voyage officiel au Canada. Sortant de la réserve qu'il avait observée jusque là, le chef de l'Etat a appelé à l'apaisement des esprits dans les banlieues. "Il faut que la loi s'applique fermement et dans un esprit de dialogue et de respect", a-t-il déclaré lors du conseil des ministres. Selon lui, "l'absence de dialogue et l'escalade de l'irrespect mèneront à une situation dangereuse". Il a aussi demandé au gouvernement de faire, "dans un délai d'un mois", des "propositions pour accélérer et renforcer" l'efficacité des mesures en faveur de l'égalité des chances. Confirmant la reprise en main du dossier par le premier ministre Dominique de Villepin, le président de la République lui a demandé de "préparer" le plan de prévention de la délinquance que le ministre de l'intérieur Nicolas Sarkozy s'était engagé à présenter avant la fin de l'année. Intervenant lors de la séance des questions d'actualité à l'Assemblée nationale, M. de Villepin a de son côté assuré que "le gouvernement tout entier est à la tâche". Le premier ministre s'est fixé comme "priorité immédiate" de "rétablir sans délai l'ordre public" dans la banlieue parisienne, avec "une seule ligne: fermeté et justice". Signe de la gravité de la situation, le chef du gouvernement a annoncé le report d'un voyage de trois jours au Canada. Le chef du gouvernement a rendu "solennellement" hommage à l'action des forces de l'ordre et a reconnu que la tâche de son ministre de l'intérieur était "difficile". "Evitons de stigmatiser des quartiers auxquels les habitants sont attachés, traitons différemment la petite délinquance et la grande criminalité, luttons avec fermeté contre toutes les discriminations, prévenons tout amalgame entre une minorité qui sème le désordre et l'immense majorité des jeunes qui souhaitent s'intégrer dans la société et réussir dans la vie", a-t-il dit. Tout d'abord confinées à la Seine-Saint-Denis, les violences et les incendies de véhicules se sont étendus dans la nuit de mardi à mercredi à trois autres départements de la région parisienne. /ATS
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