Brusque regain de violence en Irak: une cinquantaine de morts

BAGDAD - Une cinquantaine de personnes ont perdu la vie dans une nouvelle journée de violences en Irak. Les chiites ont payé le plus lourd tribut: au moins 34 personnes ont été tuées et quelque 50 blessées dans un attentat contre des funérailles à Moqdadiyah. Un kamikaze s'est fait exploser au milieu d'une foule d'une centaine de personnes rassemblées dans un cimetière de Moqdadiyah, au nord de Bagdad. Elles voulaient enterrer l'un des gardes et parent d'un membre du parti chiite Dawa du premier ministre sortant Ibrahim Jaafari, tué la veille par des tirs. Cet attentat a soulevé l'incompréhension et la fureur de la communauté chiite, qui s'inquiétait d'une possible agression lors de l'enterrement des victimes. "Nous sommes des gens pacifiques, pourquoi s'acharne-t-on sur nous ? On n'a jamais vu cela, attaquer des gens lors de funérailles", a dit, hébété, un homme blessé par des éclats aux bras et aux jambes. "J'en appelle à Moqtada Sadr pour arrêter cette violence contre notre communauté", demandait un autre, en référence au jeune chef radical chiite. Cette attaque, dont le bilan pourrait encore s'alourdir, est la plus sanglante depuis les élections législatives du 15 décembre. Si la province de Diyala, où se trouve Moqdadiyah, a connu une recrudescence des violences depuis ce scrutin, la guerilla sunnite liée à la branche irakienne d'Al-Qaïda n'épargne pas le reste du pays. Ainsi, deux voitures piégées ont explosé mercredi dans la capitale, tuant au moins huit personnes et en blessant plus de 20, tandis qu'un directeur général du ministère du pétrole, son fils et son chauffeur étaient assassinés. Ces assassinats interviennent alors que la production de brut dans le nord du pays a repris après deux semaines d'interruption dues à des menaces contre des camionneurs. Toutefois, deux convois de camions-citernes ont été attaqués à la bombe dans cette région et au moins une vingtaine de véhicules ont été détruits. Dans ce climat de violences, la délégation internationale chargée de vérifier les résultats contestés des législatives a dit prévoir deux à trois semaines de travail. Quatre experts de la Mission internationale pour les élections irakiennes (MIEI), deux de la Ligue arabe, un Canadien et un Européen, sont déjà à l'oeuvre à Bagdad. Un cinquième expert est attendu dans les prochains jours. /ATS
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