Décès de l'ancien dictateur chilien Augusto Pinochet

SANTIAGO - L'ancien dictateur chilien Augusto Pinochet est décédé une semaine après avoir été victime d'un infarctus du myocarde. Il était accusé de nombreuses violations des droits de l'homme, mais les efforts pour le juger n'ont jamais abouti.L'ex-général, âgé de 91 ans, a été frappé d'une crise cardiaque et est mort après avoir été transporté au service de soins intensifs, a indiqué le docteur Juan Ignacio Vergara, de l'hôpital militaire de Santiago. Il est mort "entouré par sa famille", a-t-il précisé.Augusto Pinochet, qui souffrait de diabète depuis plusieurs années, avait subi un pontage après son attaque cardiaque du 3 décembre. Le dernier bulletin de santé, publié ce dimanche, indiquait que son état avait "évolué de manière stable".En apprenant sa mort, les opposants du général sont descendus dans la rue pour fêter la nouvelle. Des voitures se sont mises à klaxonner et une centaine de personnes se sont rassemblées sur la Place d'Italie à proximité du centre de Santiago, pour célébrer la "libération du Chili".En revanche, une vingtaine de sympathisants de Pinochet, qui se trouvaient aux abords de l'Hôpital militaire, ont éclaté en sanglots en apprenant son décès. Très émus, ils ont entonné l'hymne national chilien.La répression brutale exercée par son régime a entraîné la mort de plus de 3000 personnes. Des dizaines de milliers d'autres ont été torturées et on estime à 200'000 le nombre de Chiliens qui ont pris le chemin de l'exil.L'ancien dictateur n'aura pas de funérailles d'Etat ni de deuil national, mais seulement les honneurs militaires, a annoncé dimanche soir le secrétaire du gouvernement Ricardo Lagos Weber."Le gouvernement a autorisé que les drapeaux soient mis en berne sur les bâtiments militaires" a indiqué le porte-parole du gouvernement.Lundi et mardi des messes seront dites à l'école militaire pour l'ancien général, a indiqué l'armée.Pinochet a été l'objet de dizaines d'accusations de violations des droits de l'homme. Mais les efforts pour le juger pour sa responsabilité présumée dans ces crimes n'ont jamais abouti. Ses avocats sont toujours parvenus à lui éviter un procès, en mettant généralement en avant sa santé défaillante.Les Chiliens de Suisse ont accueilli avec joie mais surtout frustration l'annonce du décès d'Augusto Pinochet. Ils regrettent que l'ancien dictateur n'ait pas été condamné pour ses crimes, même si l'histoire a déjà rendu son verdict.A Berne, le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) a relevé que la mort d'Augusto Pinochet réveille les souvenirs de la dictature militaire et des graves violations des droits de l'homme qui y sont liées. Il a souligné que le Chili était désormais "un pays de droit moderne, démocratique et dynamique économiquement". /ATS
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