France: centaines de milliers de jeunes dans les rues contre le CPE

PARIS - Entre entre 250'000 et 500'000 étudiants et lycéens ont défilé en France contre le Contrat première embauche (CPE). Les manifestations ont parfois connu des heurts, marquant une escalade dans l'épreuve de force avec le gouvernement.La participation globale était nettement plus importante jeudi que deux jours plus tôt, lors des précédentes manifestations d'étudiants et de lycéens.A Paris, le cortège a réuni au moins 33'000 personnes selon la police, 120'000 selon les organisateurs. Des incidents ont éclaté lorsque des jeunes, le visage masqué, ont jeté des projectiles sur les forces de l'ordre qui ont répliqué par des tirs de gaz lacrymogène. Huit CRS ont été blessés et plusieurs dizaines de jeunes interpellés.Des affrontements ont ensuite éclaté en face de l'université de la Sorbonne. Les manifestants ont lancé des fumigènes, des cocktails molotov et des pavés contre les policiers, qui ont à nouveau répliqué par des gaz lacrymogènes et des canons à eau.D'autres heurts ont éclaté à Rennes et Toulouse. Partout, les manifestants ont exigé le retrait du CPE, accusé d'imposer la précarité aux jeunes, et que rejettent aussi syndicats et partis de gauche.Plus des deux tiers des 84 universités françaises étaient toujours touchées par le mouvement, grèves et blocages des campus. Des dizaines de lycées sont désormais en proie à la contestation.Pour Guillaume, 21 ans, "le CPE ça veut dire qu'il faudra que j'habite chez ma mère quand je commencerai à travailler parce que je ne sais pas si on me licenciera ou non au bout de deux ans".La mobilisation devrait culminer samedi avec les grands syndicats et dix partis de gauche qui ont appelé à descendre dans la rue. La conférence des présidents d'université (CPU), réunie à Nantes, s'est montrée solidaire: "les présidents d'universités partagent l'inquiétude des étudiants sur leur avenir", a déclaré la CPU.Le Premier ministre Dominique de Villepin, a réaffirmé qu'il était ouvert au dialogue pour "améliorer" son texte, à l'origine de deux mois de contestation étudiante et syndicale.Le CPE est un contrat de travail réservé aux moins de 26 ans, assorti d'une période d'essai de deux ans pendant laquelle un employeur peut licencier sans motiver sa décision. Le gouvernement veut en faire un instrument de lutte contre le chômage des jeunes. Les opposants au CPE dénoncent une précarisation accrue du travail. /ATS
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