France: premier décès lors des émeutes - la province aussi touchée

PARIS - Les violences urbaines en France ont pris un tour dramatique avec l'annonce du premier décès. Une onzième nuit d'émeutes a fait des dizaines de blessés parmi les policiers, alors que la crise qui frappe aussi la province semble hors de contrôle. Les violences ont touché près de 300 communes dans tout le pays. 36 policiers ont été blessés, plus de 1400 voitures incendiées, et des dizaines d'entreprises et de bâtiments publics, dont des écoles et des commissariats attaqués ou brûlés. Ce bilan est le plus lourd depuis le début des violences embrasant les banlieues pauvres des grandes villes, où vivent de nombreux jeunes Français originaires du Maghreb et d'Afrique qui se sentent exclus de la société. La police, qui apparaît impuissante à enrayer ces émeutes, les plus graves depuis près de quarante ans, a arrêté près de 400 personnes. Certaines sont des enfants de 12-13 ans. Le Premier ministre Dominique de Villepin a promis un "renforcement des forces de sécurité" et devait annoncer lundi soir de nouvelle mesures pour tenter de ramener le calme. Actuellement, une très forte majorité de Français (71 %) jugent que les solutions du gouvernement sur "la situation dans les banlieues" vont dans "le mauvais sens", selon un sondage rendu public lundi. Sur le terrain, la situation a pris une tournure tragique avec la mort annoncée d'un sexagénaire frappé vendredi par un jeune à Stains (banlieue nord de Paris). Il s'agit du premier décès lié aux émeutes, qui ont démarré le 27 octobre après la mort accidentelle de deux adolescents d'origine malienne et tunisienne à Clichy-sous-Bois, près de Paris. Signe de l'escalade en cours, deux policiers ont été blessés par des tirs de fusils de chasse en région parisienne. La province, avec en tête les villes de Marseille, Lille ou Toulouse, est désormais plus touchée que les banlieues situées à quelques dizaines de minutes en métro du coeur de Paris. La police, qui doit à tout prix éviter une "bavure" qui pourrait rendre la situation encore plus incontrôlable, affronte des petits groupes de jeunes encagoulés, armés de cocktail molotov et de barres de fer. Ces jeunes se coordonnent de plus en plus efficacement, grâce aux téléphones portables et internet. Face à cette situation, le député-maire du Raincy, une ville au nord de Paris, a annoncé avoir pris un arrêté de "couvre-feu exceptionnel". /ATS
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