La Chine inaugure le train vers le Tibet, le plus haut du monde

PéKIN - Un train chinois a atteint dans la nuit pour la première fois la capitale du Tibet, Lhassa. Pékin a salué un "nouveau succès" de la modernisation socialiste, alors que des Tibétains en exil manifestaient leur colère en Inde.Le convoi est arrivé à Lhassa à 00h31, après un voyage de treize heures à partir de Goldmud, dans la province du Qinghai, à 2829 m d'altitude. Le président Hu Jintao était venu en personne samedi couper le ruban rouge et assister au départ du train.La ligne culmine à 5072 mètres, soit 200 m de plus que le point le plus élevé de la voie ferrée des Andes qui relie Lima au centre du Pérou. En raison de cette altitude, des wagons pressurisés équipent le train chinois.Le premier convoi, baptisé "Qing 1", d'après le nom de la province du Qinghai où se trouve Golmud, transportait 600 personnes vers Lhassa, parmi lesquelles des officiels, des "ouvriers modèles" et des journalistes chinois, a précisé l'agence officielle Chine Nouvelle.Au même moment, dans la capitale tibétaine, s'est élancé le "Zang (Tibet) 2", qui était attendu lundi à Pékin avec ses 700 passagers."Ce n'est pas seulement un exploit magnifique dans l'histoire chinoise de la construction des chemins de fer, mais aussi un grand miracle dans l'histoire ferroviaire du monde", a affirmé Hu Jintao lors de la cérémonie d'inauguration, qui s'est tenue devant la gare de Golmud.Plusieurs chaînes de télévision ont retransmis la cérémonie en direct, alors que la presse étrangère en a été tenue soigneusement écartée.Pour Pékin, ce chemin de fer stimulera l'économie tibétaine, notamment le tourisme, et sortira de leur isolement les 2,8 millions d'habitants du "Toit du monde", une région enclavée que l'armée populaire a occupée en 1950.La nouvelle ligne, qui permettra de relier Pékin à Lhassa en deux jours, n'est cependant pas sans opposants. Les écologistes s'inquiètent des conséquences sur l'écosystème fragile du plateau tibétain, tandis que des militants de la cause tibétaine y voient un moyen d'exploiter les ressources de la région et d'accroître l'immigration de Chinois d'ethnie Han afin d'en diluer l'héritage bouddhiste.Des centaines de Tibétains en exil ont manifesté samedi à Dharamsala, dans le nord de l'Inde, où le dalaï lama a installé son gouvernement après le soulèvement manqué en 1959 contre l'invasion chinoise. /ATS
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