Le juge Burgaud fait pâle figure devant la commission d'enquête

PARIS - Le juge Fabrice Burgaud a été mis en grande difficulté sur son enquête dans l'affaire de pédophilie d'Outreau. Son audition devant une commission d'enquête parlementaire a été retransmise en direct par plusieurs télévisions. Elle s'est achevée peu avant minuit.Cette "première" historique a duré près de sept heures. Le magistrat de 34 ans au coeur d'un fiasco sans précédent dans l'histoire judiciaire française y est apparu livide, les yeux cernés, souvent fébrile. Il a éprouvé de plus en plus de difficultés à se défendre dans les derniers moments de son audition.Désigné par les acquittés comme le principal responsable de leur cauchemar, M. Burgaud a été entendu par une commission chargée de faire la lumière sur les dysfonctionnements qui ont abouti à emprisonner, parfois pendant trois ans, des innocents dont les vies ont été brisées.Treize personnes, dont douze ont été écrouées entre 16 et 39 mois pendant son instruction, ont été acquittées. Une quatorzième, François Mourmand, est morte en prison en 2002. Le juge a évoqué d'une voix monocorde la "souffrance" des 13 acquittés, dont six étaient présents dans la salle, sans présenter formellement d'excuse et sans jamais les nommer.D'une voix hésitante et blanche, lisant d'abord un document puis répétant des réponses soufflées par ses avocats, il a toutefois admis timidement des erreurs d'appréciation, impliquant cependant sa hiérarchie."J'ai été terriblement choqué d'être présenté comme une machine à appliquer le droit sans aucune humanité", a-t-il dit. Il a assuré qu'il avait eu des doutes sur le dossier et déploré n'avoir pu être assisté d'un magistrat "plus expérimenté"."Personne ne m'a jamais dit à l'époque que je faisais fausse route", a-t-il ajouté immédiatement, citant le procureur de Boulogne-sur-Mer, le procureur général de Douai et la chambre d'instruction de Douai.Le magistrat a pourtant réfuté tous les reproches. Le rapporteur UMP Philippe Houillon a souligné que le dossier s'était effondré progressivement. De plus en plus décomposé, Fabrice Burgaud a fait face aux questions par des réponses mécaniques."Nous sommes la représentation nationale. C'est notre liberté qui est entre vos mains, les réponses sont un peu courtes quand même", a répondu Philippe Houillon. /ATS
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