Liban: des milliers de personnes campent à Beyrouth

BEYROUTH - Des centaines de partisans du mouvement chiite libanais Hezbollah ont campé dans la nuit au centre de Beyrouth. Cela après une gigantesque manifestation qui a réuni des centaines de milliers de personnes réclamant la démission du gouvernement.Le Hezbollah, soutenu par la Syrie et l'Iran, réclame la démission du gouvernement du Premier ministre Fouad Siniora, qu'il présente comme un auxiliaire fantoche des Etats-Unis. Les dirigeants antisyriens qui contrôlent le cabinet accusent eux le mouvement islamiste chiite et ses alliés de préparer un coup de force.Saad al Hariri, dirigeant sunnite antisyrien, a assuré qu'ils ne feraient pas chuter le gouvernement. Les Etats-Unis ont quant à eux dénoncé les "menaces et intimidations"."Ces manifestations, comme vous le savez, sont destinées à renverser le gouvernement légitime et démocratiquement élu du Liban", a déclaré un porte-parole du département d'Etat, Tom Casey. "Les menaces, l'intimidation et la violence ne sont certainement pas des moyens qu'on peut considérer comme démocratiques pour changer de gouvernement", a-t-il ajouté.Le porte-parole a accusé la Syrie et l'Iran d'être les réels instigateurs de cette démonstration de force de l'opposition chiite.Vendredi soir, les manifestants ont bloqué les accès au complexe gouvernemental où étaient retranchés M. Siniora et la plupart de ses ministres mais ils se sont ensuite dispersés après des discussions entre des dirigeants de l'opposition et des diplomates arabes, a rapporté une source au sein de l'opposition. "Le gouvernement a entendu notre message", a précisé cette source.Le Hezbollah a revendiqué une "divine victoire" dans sa guerre contre Israël en juillet-août au Sud-Liban et reproche au gouvernement Siniora ne pas l'avoir soutenu. Six ministres d'opposition ont démissionné le mois dernier et le gouvernement a encore été affaibli par l'assassinat, le 21 novembre, du ministre chrétien antisyrien Pierre Gemayel.Le camp majoritaire antisyrien accuse l'opposition de vouloir la chute du gouvernement pour faire échouer un tribunal international chargé de faire la lumière sur l'assassinat en février 2005 de l'ancien Premier ministre Rafic Hariri, dans lequel beaucoup voient la main de Damas. /ATS
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