Natascha à visage découvert à la TV pour échapper aux paparazzi

VIENNE - Natascha Kampusch, dont la première interview à la télévision autrichienne était attendue avec avidité par les Autrichiens et les médias du monde entier, a finalement choisi de témoigner à visage découvert. Elle espère ainsi échapper aux paparazzi.Enregistrée mardi dans un lieu secret, l'émission d'une trentaine de minutes devait être diffusée à 20h15 à la télévision, à la radio et sur le site internet www.orf.at, avant de faire le tour du monde, selon la radio-télévision nationale ORF.Natascha, qui est "jolie" et apparaît "équilibrée et sûre d'elle", évoque notamment son enlèvement et ses premières heures dans la geôle secrète où elle a été séquestrée durant huit ans dans un pavillon près de Vienne, a indiqué le journaliste de l'ORF Christoph Feurstein, qui a mené l'interview.Elle a également témoigné de ses timides tentatives d'obtenir de l'aide lors de ses rares sorties en compagnie de son ravisseur Wolfgang Priklopil et a fait part de son rêve de partir en croisière avec ses parents, a indiqué au journal "Österreich" l'un de ses psychiatres, Ernst Berger, qui a assisté à l'enregistrement.Les questions plus intimes, et notamment celle d'éventuelles relations sexuelles avec Priklopil, n'ont pas été abordées, d'un commun accord, selon M. Feurstein. Quelque 80 chaînes de télévision du monde entier se sont manifestées pour racheter les droits et plus de 400 demandes d'interview ont été adressées à la jeune femme, a précisé l'ORF.La jeune femme de 18 ans, dont aucune image n'a été diffusée depuis son évasion le 23 août, espère ainsi désamorcer l'intérêt des photographes."La pression est devenue ingérable. Si elle n'avait pas accepté de témoigner à visage découvert, elle aurait été littéralement pourchassée par les paparazzi" lors de son retour à la vie publique, a indiqué M. Ecker. Or l'objectif pour le jeune femme est de renouer progressivement avec une vie normale, a-t-il souligné.C'est pourquoi elle a refusé de fortes sommes offertes notamment par des médias britanniques au profit d'une solution lui permettant "d'assurer l'avenir" via une formation et un emploi, selon M. Ecker.Le quotidien "Kronen-Zeitung" et l'hebdomadaire "News", seuls organes de presse écrite à qui elle ait par ailleurs accordé des entretiens, à paraître mercredi soir, n'ont ainsi pas payé pour rencontrer la jeune femme mais se sont engagés à lui fournir "une formation, des perspectives d'emploi et un logement", selon M. Ecker.L'ORF, qui n'a pas non plus versé d'argent pour réaliser l'interview, s'est pour sa part engagée à reverser à la jeune femme les revenus de la revente de l'interview, estimés à 600 000 dollars par le quotidien "Der Standard" mercredi.L'ORF et la "Kronen-Zeitung" ont par ailleurs ouvert un compte public pour les donations en faveur de Natascha Kampusch, dont l'histoire passionne neuf Autrichiens sur dix, selon les sondages. La jeune femme a également droit à 13 000 euros d'arriérés d'allocations familiales, lesquelles avaient été coupées quelques jours après son enlèvement à l'âge de dix ans en mars 1998. /ATS
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