Ouverture du procès des attentats du 11 mars 2004 à Madrid

MADRID - Le procès des 29 suspects poursuivis pour les attentats de Madrid, qui ont fait 191 morts et 1824 blessés le 11 mars 2004, s'est ouvert jeudi dans la capitale espagnole. Un important dispositif policier a été déployé. Le verdict sera mis en délibéré et probablement rendu en octobre.Les premiers des 29 accusés sont arrivés à bord de deux fourgons blindés de la garde civile espagnole précédés d'un véhicule toutes sirènes hurlantes. Dès le début de l'audience, l'un des cerveaux présumés de ces attentats islamistes, Rabei Ousmane Sayed Ahmed, alias "Mohammed l'Egyptien", a rejeté en bloc les accusations portées contre lui et refusé de répondre au tribunal.Cent sept experts, dont une douzaine en explosifs, et au moins 610 témoins déposeront à la barre tout au long des cinq à six mois d'audience. Les sept principaux accusés (trois poseurs de bombes présumés, trois organisateurs présumés et le fournisseur d'explosifs présumé) encourent à eux seuls une peine cumulée de 270'600 ans de prison."Mohamed l'Egyptien" s'était vanté d'être le principal organisateur des attentats de Madrid, dans des conversations interceptées dans son appartement de Milan par les services secrets italiens.C'est en 2003 qu'avec trois autres complices, dont deux comparaissent également dans ce procès hors norme, il a commencé à "planifier" des "attentats sur le sol espagnol", selon le volumineux acte d'accusation de l'Audience nationale. L'objectif était de frapper fort pour obtenir "une puissante répercussion internationale", en perpétrant "dans la capitale espagnole une action terroriste avec le plus grand nombre de morts possible", selon l'accusation.Peu avant l'ouverture du procès, Pilar Manjon, présidente de la principale association de victimes des attentats, avait confié: "Cela va être difficile de regarder dans les yeux ceux qui ont détruit ma vie, mais je vais le faire pour mon fils"."J'ai les jambes qui tremblent, j'ai peur, j'ai des crampes à l'estomac", a déclaré, les larmes aux yeux, cette femme qui a perdu un fils de 20 ans lors de la pire tragédie terroriste ayant endeuillé l'Espagne.De très nombreux policiers, certains armés de fusils ou accompagnés de chiens, étaient déployés tout autour et à l'intérieur de l'annexe, transformée en bunker, du tribunal antiterroriste espagnol, l'Audience nationale, où se tient le procès.Le 11 mars 2004, vers 07h40 du matin, dix bombes avaient explosé dans quatre trains de banlieue bondés, transportant des employés de bureau, des ouvriers et des étudiants vers la gare madrilène d'Atocha. Ces attaques avaient rapidement été revendiquées au nom d'Al-Qaïda, la nébuleuse terroriste d'Oussama ben Laden.Selon l'accusation, les auteurs des attaques, parmi lesquels une majorité de petits délinquants marocains de Madrid convertis au jihad, ont voulu châtier l'Espagne pour son intervention militaire en Irak, décidée par le précédent gouvernement conservateur de José Maria Aznar. /ATS
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