Saddam Hussein quitte la salle du tribunal durant l'audience

BERNE - La reprise du procès de Saddam Hussein a été agitée et émaillée de vifs échanges entre des accusés et le nouveau juge. L'audience a été marquée par la sortie théâtrale de l'ex-président et de trois co-accusés. Le procès a été ajourné à mercredi.L'audience, la huitième, du procès devant le Haut Tribunal pénal irakien à Bagdad, a pris fin en milieu d'après-midi, et une nouvelle audience a été fixée pour mercredi, lundi et mardi étant des jours fériés en Irak, a annoncé le juge Raouf Abdel-Rahmane, qui préside les débats.Dans un coup d'éclat, Saddam Hussein a quitté la salle du tribunal en contestant une nouvelle fois la légitimité de cette Cour. "C'est un tribunal américain", s'est écrié le président déchu pour se faire contredire par le juge, qui a rétorqué que sa juridiction était "un tribunal irakien né d'une décision irakienne"."Non, la décision n'est pas irakienne mais américaine", a insisté l'ancien dirigeant. Saddam Hussein est jugé depuis octobre, avec sept de ses lieutenants, pour le massacre de 148 villageois chiites après une attaque contre son cortège en 1982 dans la localité de Doujaïl, au nord de Bagdad.Saddam Hussein n'a pas été le seul à quitter la salle. Son demi-frère Barzan Al-Tikriti s'est fait expulser pour avoir tenté de prendre la parole en dépit de l'opposition du juge. Deux autres accusés de premier plan ont quitté la salle: Awad Ahmed al-Bandar, ancien juge du Tribunal révolutionnaire, une juridiction d'exception de l'ancien régime, et Taha Yassine Ramadan, ex-vice président.Ces anciens dirigeants politiques ont voulu protester contre le retrait de leurs avocats et marquer leur refus d'avocats commis d'office. Les quatre accusés demeurés dans la salle sont tous des responsables de moindre importance du parti Baas dissous.Les échanges entre Saddam Hussein et son juge ont été vifs. "J'ai pratiqué le droit pendant 35 ans. Je connais mes droits (...) l'accusé est innocent jusqu'à ce que sa culpabilité soit prouvée", a notamment affirmé l'ex-président.Saddam Hussein s'est aussi énervé d'entendre le juge donner des instructions, soulignant qu'il "avait dirigé le pays pendant 35 ans". Le président du tribunal a répondu: "Je suis le juge, vous êtes l'accusé et vous devez m'obéir". /ATS
Partager
Link
Météo
Restez informé

Pour tout savoir sur l'actualité, inscrivez-vous à notre newsletter et recevez chaque soir dès 16h30 toutes les news de la journée.