Suède: défaite de la gauche après 12 ans au pouvoir

STOCKHOLM - La gauche suédoise au pouvoir depuis 12 ans tire sa révérence. Elle a été battue ce week-end d'une courte tête aux législatives par l'opposition de centre-droit qui avait fait de l'emploi son cheval de bataille.Le Premier ministre social-démocrate Göran Persson, qui dirigeait le gouvernement depuis 10 ans, a admis sa défaite devant les militants de son parti réunis à Stockholm. "Les élections sont un échec. J'en tire les conséquences. Je vais remettre ma démission et celle de mon gouvernement au président du parlement", a déclaré M. Persson, 57 ans.Son rival, le leader de l'opposition de centre-droit et chef du parti des Modérés, Fredrik Reinfeldt, va devenir à 41 ans le prochain Premier ministre. Un coup de maître pour ce politicien qui menait sa première campagne nationale et qui n'a aucune expérience du pouvoir exécutif.La défaite de la gauche est un tremblement de terre politique en Suède où les sociaux-démocrates ont régné, seuls ou avec des alliés, 65 ans sur les dernières 74 années en modelant un Etat-providence couplé à un capitalisme vigoureux."Je veux diriger la Suède comme représentant de tous les Suédois", a aussitôt affirmé M. Reinfeldt qui a promis des réductions d'impôt et des réformes à petites doses.La coalition de droite, baptisée l'Alliance, a obtenu 48,1% des voix, soit 178 sièges (contre 158 dans le parlement précédent). La gauche a recueilli 46,2% des suffrages, ce qui se traduit par 171 sièges (contre 191), selon les résultats définitifs de la Commission électorale. La participation s'est élevée à 80,4%.M. Persson qui a défendu pendant la campagne son bilan économique paye une certaine usure du pouvoir et ses détracteurs l'accusaient d'arrogance et d'autoritarisme."Nous n'accepterons jamais l'alternance de droite. Nous reviendrons. Mais ce come-back se fera sans moi", a déclaré le Premier ministre sortant. "La victoire est collective, la défaite solitaire. Je prends l'entière responsabilité de cet échec", a-t-il ajouté.M. Persson avait brigué un troisième mandat avec un bilan économique plus qu'honorable par rapport aux autres pays européens: taux de croissance de 5,6% pour le deuxième trimestre, excédents budgétaires, taux de chômage en baisse à 5,7% en août, exportations à la hausse. /ATS
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