Caisse unique: le National refuse l'initiative sans contre-projet

BERNE - Une caisse unique ne résoudrait pas les problèmes de l'assurance maladie. Fort de cet avis, le National a rejeté cette initiative, par 109 voix contre 61 sans contre-projet. Seule la gauche l'a soutenue. Le Conseil des Etats doit encore se prononcer.L'initiative populaire "pour une caisse maladie unique et sociale" vise à ce qu'une seule institution sans but lucratif gère l'assurance de base pour toute la Suisse.Les actifs et les passifs des quelque 90 assureurs existants lui seraient transférés dans un délai de trois ans. La caisse unique serait administrée de façon tripartite par les représentants des prestataires de soins, de l'Etat et des assurés. L'initiative prévoit également l'abandon des primes "par tête" pour des cotisations calculées selon la capacité économique des assurés.L'idée de baser les primes sur le revenu ou la fortune a déjà été rejetée en 2003 lors du refus par quelque 73% des votants de l'initiative "La santé à un prix abordable", a rappelé Pierre Triponez (PRD/BE). Selon la droite, la classe moyenne ferait les frais d'un tel système.Le revenu et la fortune sont pourtant déjà pris en compte pour les subsides servant aux rabais de primes, a plaidé en vain Stéphane Rossini (PS/VS). Et de souligner que, contrairement à ce qu'affirme la droite, l'initiative n'impliquait ni la suppression des franchises, ni des primes non modulables par canton.Mais, selon la majorité bourgeoise, le grand défaut du texte est d'être inapte à endiguer la hausse des frais. Vu qu'une caisse qui a le monopole du marché n'a aucun intérêt à faire baisser les coûts de la santé, les primes continueront de grimper.Le système centralisé proposé par le texte débouchera sur une médecine d'Etat à deux vitesses, a ajouté Claude Ruey (PLS/VD). Le camp bourgeois mise davantage sur les mesures proposées par le Conseil fédéral dans le cadre de la réforme en cours de la loi sur l'assurance maladie (LAMal).En comparaison internationale, "nous sommes dans le peloton de tête", a tenu à souligner le conseiller fédéral Pascal Couchepin.La gauche, à l'origine de l'initiative, a plaidé pour une "véritable" assurance sociale dans le domaine de la santé, citant comme modèle l'AVS, l'assurance chômage ou la caisse nationale d'assurance SUVA. D'après elle, la concurrence n'a pas empêché l'explosion des coûts et des primes. /ATS
Partager
Link
Météo
Restez informé

Pour tout savoir sur l'actualité, inscrivez-vous à notre newsletter et recevez chaque soir dès 16h30 toutes les news de la journée.