Christoph Blocher confirme qu'il va réviser la norme antiraciste

ZURICH - "Je veux qu'on puisse exprimer en Suisse son opinion même si elle ne plaît pas à d'autres", a déclaré le conseiller fédéral Christoph Blocher. Il a toutefois assuré qu'il ne remettait pas en cause toute la loi antiracisme.Lors d'une conférence de presse à l'aéroport de Zurich, le ministre de la justice fraîchement rentré de son voyage mouvementé en Turquie a explicité à une cinquantaine de journalistes son "irritation" face à l'article 261bis du Code pénal. "La liberté d'expression est une valeur suprême en démocratie", a-t-il lancé en préambule.Or M. Blocher dit avoir constaté depuis longtemps qu'il existait "une contradiction entre le principe de la liberté d'expression et la norme pénale antiraciste". Celle-ci doit empêcher "les appels au meurtre ou les injures", mais pas empêcher "de juger un évènement historique, comme ce qui s'est passé il y a 90 ans chez les Ottomans".Parlant d'"anomalie", M. Blocher veut par la révision de l'article 261bis éviter qu'il puisse limiter "de manière inacceptable" la liberté d'expression. Interrogé sur l'éventualité de pouvoir aussi nier l'Holocauste, M. Blocher a dit s'être attendu à cette question, mais sans y répondre réellement.Le ministre a commandé un rapport à un groupe de travail à l'Office fédéral de la justice. Il n'en a pas tout de suite informé le Conseil fédéral "car c'est ma tâche de vérifier quelque chose avant de le rapporter au reste du gouvernement", a-t-il insisté, niant avoir violé la collégialité dans cette affaire.Les propositions qu'il fera doivent de toute façon obtenir l'aval du Conseil fédéral, du Parlement et le cas échéant du peuple suisse, a encore noté Christoph Blocher.Concernant les organisations turques "extrémistes", M. Blocher a refusé la demande de la Turquie de les interdire en Suisse. Il a parallèlement assuré que les demandes d'extradition de ressortissants turcs seraient examinées suite aux garanties écrites données par la Turquie. "Mais je n'ai fait aucune promesse sur leur sort !" a-t-il insisté.Pour le conseiller fédéral, "les relations entre la Suisse et la Turquie ne sont pas encore bonnes, mais elles se sont améliorées". /ATS
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