CHUV: neurologue licencié pour avoir détourné au moins 1,1 million

LAUSANNE - Le Conseil d'Etat vaudois a licencié avec effet immédiat le chef du service de neurologie du CHUV accusé d'avoir détourné au moins 1,1 million de francs. Il a déposé plainte pénale contre ce professeur. Les contrôles internes seront renforcés."Effarant, désolant", a déclaré mercredi devant la presse le conseiller d'Etat Pierre-Yves Maillard en présentant l'affaire qui secoue le Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV). Il a souligné qu'il s'agissait d'"un acte extraordinaire" commis par un professeur de 52 ans de réputation mondiale, mais dévoré par sa passion des livres de médecine mais aussi de Ramuz.Le système frauduleux (sociétés fictives, fausses factures, etc.) concocté par le chef de service a été mis au jour pour ainsi dire par hasard en novembre 2005. Il aurait commencé déjà en 2001. "Les faits auraient dû être découverts avant", a concédé Pierre-Yves Maillard. L'argent détourné provenait de fonds de service et de recherche alimentés par la pratique privée des professeurs du CHUV.Le chef du service a reconnu les faits qui lui sont reprochés et estime que le montant prélevé se monte à 700'000 francs puisqu'il dit avoir déjà remboursé 300'000 francs. Pierre-Yves Mailard s'est montré beaucoup plus prudent. Il a donné une fourchette allant jusqu'à 2,1 millions de francs et s'est gardé d'exclure de nouvelles découvertes.Pierre-Yves Maillard s'est dit déterminé à faire "changer la culture" qui entoure de trop d'égards les chefs de service et vis-à-vis desquels "on rechigne à exiger des contrôles".Le ministre a décidé de renforcer la surveillance. Une panoplie de mesures est annoncée, allant de l'engagement de personnel supplémentaire jusqu'à la suppression de cartes de crédit individuelles en passant par une nouvelle gestion de ces fonds de service ou une centralisation de tous les achats.Le quotidien "Le Matin" a révélé mercredi qu'une aide-infirmière et son mari avaient cambriolé le domicile de malades pendant qu'ils étaient soignés au CHUV. "Une image se lézarde", a-t-il admis en appelant à ne pas ternir l'ensemble d'une profession à cause de ces cas."Je ne savais plus qui j'étais, où j'étais" quand j'ai pris connaissance de cette deuxième affaire, a déclaré pour sa part Bernard Decrauzat. Le directeur du CHUV a souhaité que le CHUV engage moins de personnel intérimaire, comme cette aide-infirmière, et davantage d'employés fixes. /ATS
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