Drame du Grand-Pont: tous réclament un internement de longue durée

LAUSANNE - Le Ministère public et la défense ont demandé un internement de longue durée à l'égard du chauffard du Grand-Pont qui a tué trois personnes et blessé sept autres le 8 juillet 2003 en plein coeur de Lausanne. Le verdict sera rendu le 23 novembre. Le parquet a requis huit ans de réclusion, compte tenu de la très importante diminution de la responsabilité pénale de l'accusé. Le premier substitut a retenu à l'encontre de l'ancien coureur de fond algérien, 40 ans, trois assassinats et huit crimes manqués d'assassinats, fait probablement unique dans les annales judiciaires vaudoises. Le 8 juillet 2003, il avait fauché dix piétons sur un trottoir, manquant de peu une onzième personne. Le Ministère public a demandé que cette peine soit suspendue au profit d'un internement. "Cet internement aura lieu en milieu carcéral. Comme l'accusé est dans le déni de sa maladie et qu'il refuse un traitement, autant dire qu'il n'est pas près de sortir", a précisé le substitut du procureur Daniel Stoll en s'adressant aux familles des victimes. "Il a choisi de tuer", a relevé Daniel Stoll. "Son acte entre dans sa pathologie de trouble délirant persistant pour son aspect suicidaire, mais pas pour son aspect hétéro-agressif". Sa volonté de tuer un grand nombre de personnes est liée à son caractère égocentrique, ce qui lui laisse une part de responsabilité, dit-il. Pour les parties civiles, qui rejettent aussi l'irresponsabilité totale, le drame est l'acte de la maladie et de la haine. Mais cette haine n'a rien à voir avec les délires de l'intéressé. Pour Me Jacques Barillon, "l'assassin a commis l'erreur de trop vendredi lorsqu'il a dit: les psy vous l'ont bien expliqué. Je suis malade. Ce n'est pas moi. Jamais un homme totalement irresponsable n'aurait tenu ces propos qui signent ses crimes", a-t-il déclaré. Me Michel Dupuis, qui assure la défense de l'accusé a rappelé que, dans ce procès, tout repose sur des hypothèses. La pathologie dont souffre son client ne permet pas à l'intéressé d'expliquer vraiment ce qui s'est passé. L'avocat doute que l'accusé ait planifié son geste. A ses yeux, le choc ressenti lorsque sa voiture est entrée sur le trottoir en arrachant la poubelle a pu servir d'élément déclencheur. L'intéressé aurait ensuite été incapable de réagir. /ATS
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