Exclusion des NEM de l'aide sociale: bilan positif pour Blocher

BERNE - Pour Christoph Blocher, la suppression de l'aide sociale aux requérants d'asile frappés d'une décision de non-entrée en matière (NEM) n'accroît pas la criminalité ou la clandestinité. L'OSAR critique elle les disparités cantonales en matière d'aide d'urgence.L'exclusion des NEM de l'aide sociale, en vigueur depuis avril 2004, vise à pousser ces personnes à quitter la Suisse, à réduire les coûts et à diminuer l'attractivité de la Suisse. Dans cette optique, cette mesure produit les effets escomptés, a affirmé le ministre de la justice lors de la présentation du deuxième rapport annuel de monitoring.Contrairement aux inquiétudes exprimées par les oeuvres d'entraide et les villes, aucune hausse de la criminalité n'a été enregistrée. Les risques pour la sécurité publique sont "faibles". La crainte que les NEM restent en Suisse tout en disparaissant dans la nature ne s'est pas non plus vérifiée.Le conseiller fédéral se base sur le fait que près des deux tiers des 6685 personnes frappées d'une NEM devenue exécutoire entre le 1er avril 2004 et le 31 mars 2006 n'ont pas sollicité l'aide d'urgence, soit le minimum vital (nourriture et hébergement) garanti par la constitution. C'est donc, à ses yeux, un "indice clair" qu'elles sont sorties de Suisse.Le chef du Département fédéral de justice et police (DFJP) a toutefois admis que cela ne constituait pas une preuve. Pour seulement environ 20% des NEM, la Confédération sait avec certitude qu'ils sont partis.La Confédération estime que la satisfaction est aussi de mise sur le plan financier. Le nombre des demandes d'asile manifestement infondées a baissé de près de 30% en 2005, ce qui a permis de réduire l'effectif des personnes relevant du domaine de l'asile de 12,5%. Des économies de 92 millions de francs ont pu ainsi être réalisées.L'Organisation suisse d'aide aux réfugiés (OSAR) ne partage pas l'analyse de Christoph Blocher. Les NEM sont privés d'aide sociale et la Suisse connaît 26 régimes différents pour l'attribution d'une aide d'urgence.Le nombre de personnes soumises au nouveau régime ayant sollicité l'aide d'urgence est en constante augmentation, peut-on lire dans le rapport de monitoring. Elles étaient 908 au 1er trimestre 2006, contre 746 l'année précédente à la même période et 394 au 2e trimestre 2004, date de l'entrée en vigueur de la disposition privant les NEM de l'aide sociale. /ATS
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