Grippe aviaire: les oiseaux sauvages sont les premières cibles

BERNE - Dans nos régions, les oiseaux sauvages sont les premières cibles potentielles du virus de la grippe aviaire. Quelles espèces, combien de victimes, autant de questions encore sans réponse. Seule certitude, il n'y a pratiquement aucune parade possible."Si les oiseaux d'eau semblent particulièrement vulnérables, les passereaux paraissent moins sensibles, mais ce ne sont que des hypothèses", reconnaît Cathy Maret, porte-parole de l'Office vétérinaire fédéral (OVF). Il pourrait aussi y avoir des espèces qui transportent le virus sans développer la maladie.Le seul exemple d'hécatombe connu à ce jour dans la faune sauvage a été recensé en Chine, au bord du lac Qinghai, dans une population d'oiseaux migrateurs, constate Lukas Jenni, directeur scientifique à la Station ornithologique de Sempach.Le mode de propagation de la maladie reste très mystérieux: "comment expliquer qu'aucun des 20'000 oiseaux testés l'automne dernier en Europe de l'Ouest n'était porteur du virus, et qu'on en trouve subitement partout ? Et pourquoi seulement des cygnes?", s'interroge M. Jenni."On n'a pas non plus la certitude que ces cygnes aient succombé au H5N1, même s'ils en étaient porteurs: beaucoup d'oiseaux meurent de faim à cette saison", souligne-t-il. "S'agissant des oiseaux migrateurs qui doivent bientôt revenir d'Afrique, pourraient-ils couvrir la distance en étant malades ou mourraient-ils avant d'arriver ?"Jusqu'ici, outre des oiseaux d'eau, des rapaces ont été recensés parmi les victimes du H5N1. En Suisse, l'OVF a décidé d'instituer un système sentinelle permanent pour détecter de manière précoce la maladie chez les oiseaux sauvages, en collaboration avec la station de Sempach. Le premier programme est prévu dès la mi-mars au Tessin.Quelle que soit les dégâts du virus au sein de l'avifaune, "on ne peut rien faire", déplore Reinhard Schnidrig, chef de la section chasse et faune sauvage de l'Office fédéral de l'environnement. Seule une interdiction de la chasse aux oiseaux d'eau, autorisée en temps normal de début septembre à fin janvier, pourrait être envisagée.La menace du H5N1 pourrait devenir permanente, "mais les oiseaux sauvages ont toujours vécu avec de tels virus", relève Reinhard Schnidrig. "Ils vont finir par s'immuniser aussi à celui-ci. La seule question est: à quel prix ?" /ATS
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