La criminalité des personnes âgées est en hausse

BERNE - En vingt ans, de 1984 à 2004, la proportion des condamnations chez les personnes âgées de plus de 60 ans a presque doublé en Suisse. Néanmoins, des établissements spécialisés dans la détention des seniors ne sont pas jugés souhaitables.Si en 1984, il y avait 127 condamnations pour 100'000 seniors, ce chiffre a passé à 229 en 2004, peut-on lire dans le dernier "bulletin info" de l'Office fédéral de la justice (OFJ). Toutefois, considérant que les personnes âgées constituent un cinquième de la population et seulement 4% de toutes les condamnations, il s'avère que leur délinquance est "encore nettement minoritaire".Néanmoins, la progression de la criminalité dans ce groupe de population a incité Regine Schneeberger Georgescu, membre de la direction du Centre suisse de formation pour le personnel pénitentiaire (CSFPP) à Fribourg, à examiner la question. Premier constat: cette hausse est à mettre principalement sur le compte de la loi sur la circulation routière (LCR).En effet, les condamnations fondées sur le code pénal n'ont augmenté que de 56%, tandis que celles relatives à la LCR ont presque triplé (+ 180%). Les condamnations à une amende ont pris l'ascenseur (+ 156%) et celle des peines de prison avec sursis aussi (+ 128%). La hausse du nombre des peines fermes est moins forte (+ 56%).Mme Schneeberger Georgescu relève dans son étude que le nombre de condamnations à des peines de prison ferme a beaucoup moins augmenté dans la population générale (+ 16%). Il est cependant rare que des seniors soient incarcérés: une centaine de cas par an depuis le début des années 2000.La plupart du temps, les personnes âgées sont condamnées à de courtes peines, et elles peuvent opter pour des alternatives comme le travail d'intérêt général ou la semi-détention. Il n'en reste pas moins que le nombre de détenus âgés augmente et que d'ici dix à vingt ans, leur proportion sera "relativement importante".Il s'agit donc de prévoir un encadrement adéquat, notamment en termes de formation du personnel. La création de places d'exécution en fonction de l'âge, voire d'un établissement spécialisé pour les seniors est plus problématique, estime la spécialiste. Elle pourrait entraîner "une stigmatisation supplémentaire", ainsi qu'une rupture avec le milieu social. /ATS
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