Le service civil a 10 ans: la baisse des conscrits le menace

BERNE - Alors que le service civil fête ses 10 ans, son avenir est menacé. De plus en plus de jeunes hommes échappent à toute forme de service en étant déclarés inaptes. Un comité propose dès lors d'ouvrir le service civil aux femmes et aux étrangers.Depuis l'introduction en 2004 du système de recrutement d'Armée XXI, près de 40% des jeunes Suisses sont réformés pour raisons médicales, contre 15 à 20% auparavant, selon le Comité suisse pour le service civil. Un changement qui touche le service civil, puisque pour devenir civiliste, il est nécessaire d'être d'abord astreint au service militaire.La facilité actuelle d'être déclaré inapte à l'armée risque en effet de dissuader les jeunes à se rendre utiles pour la communauté, a dénoncé le comité. Pour preuve, le nombre de demandes au service civil a baissé de 20% entre 2002 et 2005.Et le comité d'exiger de la Confédération qu'elle donne un "signal fort" en mettant un terme à "cette situation aberrante et contre-productive". "La laisser perdurer serait ressenti par les milliers de civilistes et d'établissements d'affectation comme du mépris pour l'extraordinaire travail d'utilié publique qu'ils accomplissent au quotidien", affirme le comité.Pour assurer l'avenir du service civil, le comité propose quelques pistes. La première est de l'ouvrir à toutes les personnes qui souhaitent s'engager pour la collectivité, femmes et étrangers y compris. Cette solution permet aussi de conserver le service civil si l'obligation de servir dans l'armée venait à être abolie.La seconde est de faciliter l'accès au service civil en supprimant l'examen de conscience. En acceptant d'effectuer un service d'une une fois et demie plus long que s'il était à l'armée, le civiliste prouve "par l'acte" son conflit de conscience qui l'empêche de faire un service militaire, a rappelé le comité.De plus, faire passer cet examen, au terme duquel seulement 5% des demandeurs se voient refuser le droit de faire un service civil, coûte cher à la Confédération. En 2003, elle a dépensé à ce titre plus de 6,6 millions de francs.Les Chambres fédérales étudient actuellement une motion déposée par Heiner Studer (PEV/AG) qui demande la suppression de l'examen de conscience au profit de la "preuve par l'acte". Le Conseil fédéral y est opposé, estimant que faire du service civil ne relève pas d'un libre choix, mais d'un remplacement du service militaire. /ATS
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