Les hôpitaux suisses veulent une véritable politique de la santé

BERNE - Les hôpitaux suisses ont appelé la Confédération à mettre sur pied une véritable politique de la santé. Pour cela, l'état fédéral doit obtenir plus de compétences. H+, l'organe faîtier des hôpitaux, propose donc de modifier la constitution fédérale.La Suisse dépense 50 milliards de francs par an pour la santé en l'absence de véritable politique, a déploré son président Peter Saladin. Les mesures sont mal ciblées, les différences entre cantons toujours plus grandes, la révision de la LAMal s'embourbe, chacun se passe la patate chaude et les fausses incitations ne permettent pas de juguler les coûts.Seul un élargissement des compétences fédérales permettra à long terme d'éviter l'impasse, a estimé le professeur de droit zurichois Tomas Poledna. Le système de santé doit être mis en réseau et harmonisé avec d'autres domaines comme l'économie, l'environnement, le travail et la sécurité sociale, qui sont en grande partie régulés par la Confédération.Selon l'article constitutionnel proposé par H+, la Confédération devrait garantir une médecine de premier recours suffisante, égale en droit, de qualité et accessible à tous les malades, accidentés et invalides. La capacité concurrentielle de la Suisse dans le marché européen de la santé naissant est également un objectif.Pharmacien d'hôpital, Enea Martinelli a plaidé pour une importation parallèle plus facile des médicaments et l'abandon des tracasseries administratives. Le directeur de l'hôpital Waid à Zurich Rolf Gilgen a quant à lui réclamé plus de sécurité juridique pour les hôpitaux, qui doivent notamment beaucoup patienter concernant les décisions sur les tarifs.MM. Gilgen et Saladin ont fortement critiqué les écarts pris par rapport aux lois en vigueur. Et de citer à titre d'exemple, la levée du principe de territorialité pour permettre aux patients suisses d'être traités dans des cliniques étrangères aux frais de l'assurance maladie obligatoire.Face à une ouverture inévitable du marché, il faut une base légale claire. Les hôpitaux suisses et étrangers devraient être soumis aux mêmes droits et devoirs. La libéralisation devrait aussi prévaloir du côté des assureurs. Selon H+, on ne peut pas prescrire les lois du marché aux hôpitaux et, en même temps, leur interdire d'acheter des médicaments moins chers à l'étranger. /ATS
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