Les maisons d'accueil pour femmes davantage sollicitées

BERNE - Suite à des meurtres comme celui de Corinne Rey-Bellet, le nombre de femmes cherchant de l'aide dans une maison d'accueil augmente. Les compte-rendus de ces délits éveillent souvent des peurs chez les femmes victimes de violence domestique.Après de tels drames, certaines femmes réalisent qu'elles sont aussi en danger, a déclaré Myriame Zufferey, de l'organisation faîtière suisse des maisons d'accueil pour femmes DAO. Elles ont sous le nez ce à quoi peut conduire la violence domestique.D'un autre côté, les articles des médias peuvent avoir l'effet inverse et entraîner une minimisation de la situation, aussi bien de la part des victimes que de leurs bourreaux, avertit-elle. Comparé aux destins d'autres personnes, le sien paraît parfois moins dur.La DAO critique aussi le fait que la situation antérieure au meurtre soit passée sous silence. L'événement est présenté comme s'il tombait du ciel, constate Mme Zufferey. Or, c'est rarement le cas. Souvent la violence prend d'autres formes, celles de menaces notamment.Myriame Zufferey déplore aussi que les médias présentent ces cas comme des "drames familiaux" ou "relationnels". Il s'agit bel et bien de meurtres, voire d'assassinats. Et ils devraient être présentés comme tels.En Suisse, la violence domestique est un délit depuis avril 2004 et peut donc être poursuivie d'office. Les statistiques des polices cantonales le montrent: dans le canton de Berne, 281 interventions ont été recensées l'an dernier pour des cas de violence domestique, pratiquement le double de l'année précédente.Selon plusieurs études, les femmes courent plus de danger dans la sphère privée que dans l'espace public. En Suisse, une femme sur cinq a déjà été victime de violence domestique. D'après Amnesty International, cette forme de violence provoque la mort d'une quarantaine de personnes par année. Rien qu'en Argovie l'an dernier, on a recensé dix meurtres dus à la violence domestique.L'an dernier en Suisse, 1435 femmes et 1461 enfants ont cherché refuge dans des structures d'accueil. Toutes les places disponibles dans les maisons pour femmes maltraitées de Bienne et Thoune sont par exemple actuellement occupées.A Berne et Fribourg, il ne reste plus que des chambres d'urgence. Des informations sur les places disponibles peuvent être obtenues sur internet (www.frauenhaus-schweiz.ch). /ATS
Partager
Link
Météo
Restez informé

Pour tout savoir sur l'actualité, inscrivez-vous à notre newsletter et recevez chaque soir dès 16h30 toutes les news de la journée.