Péages routiers: techniquement faisables, si on modifie la loi

BERNE - Les péages routiers sont techniquement faisables en Suisse, à condition de changer la législation, affirme l'Office fédéral des routes. La balle est à présent dans le camp des politiciens. Mais l'idée a reçu un accueil mitigé des associations d'automobilistes.La question du prélèvement de taxes routières est discutée depuis plusieurs années en Suisse, tant au niveau fédéral que cantonal. Le péage routier ou "road pricing" est en effet un outil intéressant pour agir sur la fluidité du trafic, estiment les auteurs d'une étude présentée à Berne.Les exemples à l'étranger et la redevance sur le trafic des poids lourds liée aux prestations (RPLP) en Suisse prouvent qu'une levée de taxes est possible tant techniquement que pratiquement. Ces taxes peuvent être bien accueillies si les projets sont solides, assurent les experts.Quatre modèles pourraient être envisagés pour les autoroutes et les régions urbaines helvétiques: une redevance perçue pour le passage de tunnels ou de ponts, la taxation de l'ensemble ou d'une partie du réseau routier, calculée en fonction du kilométrage ou le "péage de congestion" pour les routes de contournement des embouteillages.Le péage de régions ou d'agglomérations sur le modèle des zones de validité des abonnements de transports publics pourrait également être une solution. L'OFROU préconise des systèmes de saisie les plus simples possibles, dans l'attente d'un système normalisé à l'échelon européen.Si tous ces modèles sont réalisables, ils ne le seront pas avant une vingtaine d'années au moins. Il reste de nombreuses inconnues, notamment l'acceptation du système de péage dans la population. Et ils doivent s'inscrire dans une politique des transports fédérale. Les péages "sont un médicament contre un infarctus du trafic, mais il a beaucoup d'effets secondaires", a conclu Matthias Rapp, un des auteurs de l'étude.Les associations d'automobilistes comme le Touring club suisse (TCS), l'Automobile Club de Suisse (ACS) et la Fédération routière suisse (FRS) accueillent l'idée de péages avec la plus grande réserve. Pour eux, ce système est à la fois inutile, anticonstitutionnel et antisocial. La priorité est à donner au fonds d'infrastructure. /ATS
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