Réforme de l'armée: "Flou dans les esprits"

BERNE - L'avenir de l'armée continue de faire couler de l'encre. Après le refus du Conseil national, la semaine dernière, de la réforme souhaitée par Samuel Schmid, les officiers expriment leur désarroi face au "vide" dans lequel ils sont suspendus."Il faut adapter la milice afin de redonner du sens à l'action de l'armée", estime Denis Froidevaux, vice-président de la Société suisse des officiers, dans une interview parue lundi dans la "Tribune de Genève" et 24 Heures. "La milice est malade", poursuit le militaire pour qui il faut absolument ouvrir le débat sur la manière de servir."Actuellement, nous sommes un jouet dont les Chambres s'emparent de temps à autre, elles le secouent un peu, créent le doute par-dessus l'incertitude puis le reposent", déplore M. Froidevaux. Pour lui, l'armée est tiraillée entre ceux qui veulent une troupe à l'ancienne - mais sans le budget -, ceux qui veulent la voir disparaître et ceux qui souhaitent une intégration à l'OTAN.A son avis, les engagements civils de l'armée sont indispensables: "Il faut décloisonner les esprits", souligne-t-il. Et à l'heure du terrorisme, la distinction entre sécurité intérieure et extérieure est de toute manière dépassée.Le flou autour de l'armée frappe aussi Karl Haltiner, sociologue et professeur à l'Académie militaire de l'EPFZ. Dans "Le Temps", il observe toutefois que ce flou règne surtout dans les esprits. Dans les faits, l'armée est polyvalente et elle est "un antibiotique à large spectre"."Beaucoup de parlementaires ne veulent pas admettre que les missions de l'armée puissent être moins claires", poursuit-il. Si le monde politique continue de bloquer l'évolution de la troupe, le peuple la trouvera forcément dépassée à un moment ou un autre. Et là, il voudra ou du moins soutiendra des velléités de réformes plus fondamentales. /ATS
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