Un ex-infirmier de l’Hôpital du Jura devant le Tribunal à Porrentruy

L'homme est accusé du viol d’une patiente, en qualité d’infirmier des urgences à Delémont. ...
Un ex-infirmier de l’Hôpital du Jura devant le Tribunal à Porrentruy

L'homme est accusé du viol d’une patiente, en qualité d’infirmier des urgences à Delémont. Les faits remontent au 5 février 2017

  Tribunal pénal à Porrentruy.  Tribunal pénal à Porrentruy.

« Une affaire sordide ». Voilà comment la procureure a qualifié les faits jugés ce jeudi devant le Tribunal pénal à Porrentruy. Un ancien infirmier des urgences de l’Hôpital du Jura est accusé de viol sur une patiente de 18 ans. Les faits sont datés du 5 février 2017 à Delémont.


Deux versions des faits radicalement opposées

« J’étais à des années-lumière de penser qu’elle m’accuserait d’un truc aussi immonde, j’aurais dû la dénoncer ». Ce sont les mots du prévenu, entendu en premier. Il aurait fumé une cigarette avec la plaignante à l’Hôpital du Jura un dimanche soir de février. Elle aurait fait part de son besoin d’aller aux toilettes. L’ex-infirmier l’aurait suivie pour s’assurer que tout se passe bien. « Elle a alors essayé de me sauter dessus et j’ai refusé », a expliqué le prévenu. « Qu’est-ce qu’il y a, je ne suis pas assez bien pour toi ? », lui aurait répondu la plaignante, qui n’a pas souhaité être confrontée au prévenu durant le procès.

« J’avais peur, je ne savais pas quoi faire, c’est la raison pour laquelle je n’en ai pas parlé tout de suite », a-t-elle expliqué, très émue. Alors patiente à l’Hôpital du Jura, elle explique avoir reçu un message d’un inconnu, lui proposant d’aller fumer une cigarette. Elle a su plus tard qu’il s’agissait du prévenu. Elle a contesté avoir répondu positivement à son invitation. Ils se seraient ensuite croisés par hasard et seraient allés discuter à l’extérieur. La plaignante aurait alors fait part de son besoin d’aller aux toilettes. Elle y aurait ensuite été violée par le prévenu. « J’étais tétanisée, j’avais peur », a-t-elle expliqué.


La procureure demande une peine privative de liberté de quatre ans

Dans son réquisitoire, la procureure Laurie Roth a décrit une « affaire sordide ».  « Le prévenu a essayé de salir [la plaignante] et de la faire passer pour une fille facile. Il a mené une cabale pour la dénigrer », a-t-elle ajouté. Elle a appuyé la crédibilité de la plaignante qui a « répété les faits à six reprises au moins, sans jamais varier ». Elle a précisé : « Il est rare de disposer d’autant d’éléments techniques de preuve et de déclarations de témoins dans une affaire de viol ».

La procureure a ensuite dénoncé les nombreuses incohérences du prévenu. Il est « une girouette de versions. Sa stratégie de défense est claire : il n’a cessé de donner des versions contradictoires, au fur et à mesure de l’apport d’éléments nouveaux dans le dossier », a-t-elle expliqué. La procureure, qui a par ailleurs, chose peu courante, demandé une reconnaissance des lieux effectuée ce mercredi, a ensuite rappelé les antécédents du prévenu. Il a été condamné en première instance à Moutier pour des « faits similaires ». Une décision actuellement en appel. Le prévenu aurait également frappé violemment sa petite-amie étant adolescent.

La procureure demande que le prévenu soit déclaré coupable de viol. Elle demande une peine privative de liberté de quatre ans à son encontre et estime qu’en raison des troubles de sa personnalité, il existe un risque de récidive, nécessitant un traitement ambulatoire, ainsi qu’une interdiction d’exercer sa profession.


La parole aux avocats

L’avocate de la plaignante s’est ralliée au réquisitoire du Ministère public. Elle a mis en avant les « pratiques sexuelles étranges » du prévenu, telles que décrites dans le dossier instruit à Moutier. Elle demande notamment le versement de 500 francs d’indemnité, l’interdiction de prendre contact avec la victime directement ou indirectement pendant cinq ans, ainsi que 30'000 francs d’indemnité pour tort moral.

La défense, enfin, a dénoncé un « réquisitoire cruel sans aucune nuance ». L’avocat du prévenu a expliqué que la plaignante avait eu une « enfance difficile », qu’elle s’était « présentée en pleurs au Tribunal, mais s’affichait volontiers maquillée et entourée de ses copines sur Facebook. Cela démontre deux facettes de la plaignante », selon lui. Il demande enfin l'acquittement pour le prévenu, ainsi que des indemnités pour tort moral et frais de déplacement à hauteur de 43'000 francs.

Le juge Pascal Chappuis rendra le jugement ce vendredi à 13h30. /mmi


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