Une très belle opération pour l’entreprise Condor à Courfaivre

Reconvertie en grande partie dans l’équipement aéronautique, la société jurassienne Condor International SA a signé aujourd’hui des contrats stratégiques importants avec des fleurons internationaux comme les sociétés Dassault Aviation, Thalès et Snecma qui composent aujourd’hui le groupe Rafale.
 
L’entreprise va fournir à ses différents clients de nombreuses pièces mécaniques complexes dans des alliages particuliers. Condor devra fabriquer des pièces en titane pour attacher les ailes des avions Rafales pour le secteur militaire ainsi que des pièces pour les inverseurs de poussée dans les réacteurs pour le civil. Ces pièces sont classées dans la catégorie 1. «Si la pièce casse, l’avion tombe» explique le patron de Condor, Rainier Biétry. La signature de ces contrats s’est faite ce matin en présence du ministre de l’économie Michel Probst, de plusieurs élus fédéraux et de très nombreuses personnalités.
 
Reconversion et sauvetage réussis
 
Condor emploie aujourd’hui une cinquantaine de personnes. Fondée en 1893, l’entreprise est bien connue pour avoir livré plusieurs dizaines de milliers de vélos à l’armée suisse dès 1905 et jusqu’en 1993. Elle a également fourni l’armée suisse en motos jusqu’au début des années 80. Erreur stratégique sans aucun doute, les dirigeants des années 80 n’ont pas crû dans l’avenir du VTT et du scooter. En parallèle, Condor a également fabriqué durant de longues années des trains d’atterrissage pour le Pilatus.
 
Le jurassien Rainier Biétry et ses partenaires russes ont racheté la société en août 2007 pour la redresser notamment dans le domaine de l’aviation. Il a fallu prendre des décisions difficiles mais les perspectives sont aujourd’hui réjouissantes selon le président de la société. L’entreprise ne travaille plus qu’à raison de 20% pour l’armée suisse, elle ne veut plus dépendre des budgets militaires. Elle préfère travailler pour le civil. Et la majorité des pièces fabriquées dans les ateliers de Courfaivre sont destinés à des avions civils.
 
Des perspectives de développement
 
Condor attend aujourd’hui de son partenariat avec le groupe Rafale un transfert de technologie afin de pouvoir développer et améliorer encore ses connaissances et son savoir-faire. Les compétences de Condor sont reconnues par ses différents partenaires. Ils reconnaissent en elle une grande réactivité et une flexibilité qui va permettre à l’entreprise de fournir ses premières livraisons dans quelques mois seulement. A terme, et si les marchés attendus se concrétisent, Condor pourrait doubler son effectif en personnel dans les deux ans à venir.
 
Invité à s’exprimer, le ministre de l’économie Michel Probst s’est félicité du succès enregistré par une entreprise qui a su prendre de la hauteur en cette période économique difficile. Il a relevé notamment l’importance des produits à haute valeur ajoutée qui seront fabriqués à Courfaivre. Le représentant de l’Etat estime aussi que de nombreuses entreprises jurassiennes pourraient aussi bénéficier des marchés compensatoires de la Confédération liés au remplacement partiel des avions de combat de l’armée de l’air.
 
Des enjeux importants
 
Hasard du calendrier ou pas, volonté affirmée de se positionner par rapport aux autres concurrents, la présence de Dassault et de ses partenaires aujourd’hui à Courfaivre n’a probablement rien d’anodin à quelques mois de la décision des Chambres Fédérales. Elles devront se prononcer cet été sur le remplacement du Tiger F-5 des forces aériennes suisses. Sont en compétition le Rafale de Dassault, l’Eurofighter Typhoon et le Saab JAS 39 Gripen. /gk


 

Actualités suivantes

Articles les plus lus