Accord à l'ats: un emploi pour les journalistes de plus de 60 ans

La conciliation sur le conflit du travail à l'Agence télégraphique suisse (ats) a abouti à ...
Accord à l'ats: un emploi pour les journalistes de plus de 60 ans

Accord à l'ats: un emploi pour les journalistes de plus de 60 ans

Photo: KEYSTONE/LUKAS LEHMANN

La conciliation sur le conflit du travail à l'Agence télégraphique suisse (ats) a abouti à un accord. Le texte signé mercredi permet notamment aux employés les plus âgés de conserver leur emploi et met fin aux mesures de lutte. Mais de nombreux défis subsistent.

Certaines revendications principales des journalistes ont pu être mises en oeuvre, s'est félicitée la commission de rédaction (CoRé): les employés de plus de 60 ans qui ont été licenciés ou qui risquaient de l'être recevront une offre de réengagement aux mêmes conditions.

Ces personnes bénéficieront en outre d'une protection contre le licenciement jusqu'à l'âge ordinaire de la retraite, a-t-elle expliqué devant la presse au côté du syndicat Syndicom et de l'association professionnelle impressum.

Plan social amélioré

Les personnes concernées ont le choix d'accepter ou non leur réengagement. En cas de refus, elles bénéficieront des prestations prévues par le plan social. Ce dernier a également pu être amélioré dans l'ensemble.

Tous les employés touchés par la restructuration se verront ainsi octroyer un mois de salaire supplémentaire. Un fonds doté de 100'000 francs a été instauré pour les cas de rigueur. De plus, les employés qui ont dû baisser leur taux d'occupation ainsi que les stagiaires auront la priorité sur les éventuels postes vacants.

Le combat en a valu la peine, a souligné Sebastian Gänger, de la CoRé, tout en estimant qu'un tel accord aurait pu être trouvé plus tôt. Michael Burkard d'impressum et Stephanie Vonarburg de Syndicom jugent que l'accord conclu est 'relativement bon'.

Les membres de la commission du personnel ont aussi tenu à rappeler que depuis le début du conflit, l'ats a dû faire face à 25 départs volontaires, principalement au sein de la rédaction.

Fonds pour les cas de rigueur

Le conseil d’administration et la direction de Keystone-ATS 'se réjouissent et sont soulagés qu'une solution consensuelle a pu être trouvée'. Cette issue a été rendue possible, car les deux parties ont contribué à la solution du conflit, indiquent-ils dans un communiqué distinct.

La délégation du conseil d’administration a notamment proposé de continuer à employer les journalistes les plus âgés, souligne le communiqué. Cet accord marque la fin des mesures de lutte et l'entreprise peut à nouveau regarder vers l'avenir, ajoute le texte.

Prendre part aux décisions

La CoRé affirme en revanche que, malgré ces avancées, tout n'est pas fini. Cet accord marque la fin d'un chapitre, mais de nombreux défis subsistent. La réorganisation en cours en est un.

Dans une résolution adressée à la direction, elle exige que la future commission de rédaction de Keystone-ATS ait au minimum les mêmes droits que la commission actuelle.

La rédaction demande en outre d'être représentée au conseil d'administration et intégrée aux prises de décision. Elle rappelle également le rôle de prestataire de service public de l'agence de presse nationale.

'Avec son service de base, elle remplit une mission de politique institutionnelle en contribuant à la formation démocratique de l'opinion publique et en favorisant la transmission d'informations entre les régions linguistiques du pays', écrit-elle dans la résolution. La rédaction demande donc que ce principe soit ancré dans les statuts rédactionnels.

Quatre jours de grève

La direction de l'ats a annoncé en janvier la suppression de 35,6 équivalents plein temps sur un total de 150. La rédaction a entamé le 30 janvier une grève de durée indéterminée. Le mouvement a été suspendu le 2 février à la faveur de négociations avec le conseil d'administration.

La délégation du conseil d'administration a estimé, à l'issue de trois rondes de négociations, que celles-ci avaient échoué et elle a fait appel à l'Office fédéral de conciliation en matière de conflits collectifs du travail, dépendant du Secrétariat d'Etat à l'économie (SECO). L'instance de conciliation était présidée par Marc Häusler, préfet de l'arrondissement de Haute-Argovie dans le canton de Berne.

/ATS