Des Russes internés en Suisse en 1945

Konstantin à Villeret Konstantin à Villeret

«Histoire de se réveiller» s’intéresse aux soldats russes, non pas ceux qui sont actuellement en Crimée, mais ceux qui ont été indirectement envoyés au casse-pipe par la Suisse à la fin de la Deuxième guerre mondiale.

Au printemps 1945, les camps nazis sont abandonnés au fur et à mesure de la progression des Alliés en Allemagne. Dans ces camps figurent des prisonniers de guerre ou des déserteurs qui en profitent pour s’enfuir en Suisse. Plus de dix mille soldats et officiers de l’Armée rouge vont venir dans notre pays, où ils sont internés dans des camps et forcés à travailler.

Dans le Jura et le Jura bernois, il n’y a pas eu de camps, mais la Confédération envoyait ces internés russes chez des agriculteurs, notamment pour faire les foins. C’est le cas de Konstantin Nicolaevitch Stedienko, un soldat de la cavalerie de l’Armée rouge. Il avait 26 ans quand il arrive en Suisse au printemps 1945. Son histoire nous est racontée par Catherine Krüttli, la responsable de Mémoires d’Ici.

Autre document: la dernière lettre (cf. image ci-dessous) que Konstantin Nicolaevitch Stedienko va envoyer à la famille Cuche depuis son camp dans l’Emmental, alors qu’il attend son retour pour la Russie. Une lettre très importante selon Catherine Krüttli.

Et en effet, tous les internés russes de Suisse seront rapatriés en Russie en août 1945, suite aux pressions de Staline. Le gouvernement soviétique considérait ces soldats comme des déserteurs. La plupart ont donc fini fusillé ou ont été envoyés au goulag.

La dernière lettre de Konstantin à la famille Cuche La dernière lettre de Konstantin à la famille Cuche


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