Roland Béguelin avait été fiché par la police

A la fin des années 1980 a éclaté le scandale des fiches. On découvre à ce moment-là que les autorités fédérales et les polices cantonales avaient observé et fiché près d’un million de personne en Suisse entre les années 1950 et 1980, dans le but de protéger notre pays d’activités subversives. Une pratique évidemment interdite puisqu’il n’y avait pas de base légale.

Plusieurs personnes de la région ont été fichées : Geneviève Aubry, Bernard Varrin (le responsable du Groupe Bélier de 1964 à 1969), et Fritz Widmer, un professeur à l’école normale des institutrices, qui a fait un voyage en URSS en 1954, et qui sera fiché pendant… vingt ans.

Roland Béguelin a aussi été surveillé et fiché entre 1961 et 1988, ce qui représente plus de sept kilos de dossier aux archives cantonales jurassiennes.

Alors que contiennent donc ces fiches sur Béguelin ? Les explications du responsable des archives, Antoine Glaenzer.

Les archives cantonales jurassiennes possèdent une copie des fiches qui ont été demandées par les personnes concernées. Mais ces fiches ne sont pas complètes, et elles sont surtout caviardées, censurées, aux endroits jugés sensibles. Et puis ces fiches seules ne disent pas tout de la surveillance qui a été faite, comme l’explique Antoine Glaenzer.

Les rapports de la police fédérale sont conservés aux archives fédérales et pourront un jour être consultés. Mais d’autres fichiers ont été détruits, et c’est là tout le débat entre les archives et la protection des données: lorsque un Etat collecte des données illégalement, doit-on les détruire ou les conserver ? La question reste ouverte…

La fiche de Roland Béguelin: L'impartial, mai 1998 La fiche de Roland Béguelin: L'impartial, mai 1998


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