La plateforme RED+ diffuse depuis le début de saison des matches de 2e ligue interrégionale de football. Les clubs sont réticents face à un dispositif qu'ils n'ont pas demandé et qui nécessite des investissements. Enquête
Le streaming peine à s'imposer dans le football amateur. La plateforme RED+, de la société zurichoise Ringier Sports, diffuse depuis l'an dernier tous les matches de Promotion League et de 1re Ligue. Les rencontres sont visionnables au moyen d’un abonnement annuel ou mensuel. Ce nouveau service a fait son entrée cette saison en 2e ligue interrégionale mais la mayonnaise ne prend pas. Seuls 14 clubs sur 65 sont équipés en 5e division. Pourquoi une telle réticence ? Une enquête de Nicolas Meusy.
Enquête : l’arrivée poussive du streaming en 2e ligue interrégionale
Les clubs n’ont rien demandé
Depuis le début de la saison, le FC Tavannes/Tramelan dispose d’une caméra RED+ fixée au-dessus de sa tribune à Tramelan. Si l’appareil est fourni gratuitement par Ringier Sports, le club du Jura bernois a tout de même dû sortir son porte-monnaie. « Il faut compter à peu près 5'000 francs entre les frais d’installation de la caméra, le contrat avec RED+, l’abonnement pour internet et le raccordement à l’électricité », détaille le président du FCTT Loïc Châtelain.
Ce nouveau service de streaming, les clubs de 2e ligue interrégionale ne l’ont pas réclamé. Il est le fruit d’un contrat sur 5 saisons conclu entre Ringier Sports et la Ligue amateur. L'instance qui gère la 5e division espérait une adhésion complète des équipes. Elle s'est confrontée à une levée de boucliers. Le FC Ajoie-Monterri fait partie des réfractaires. « Tout pendant que ce système ne sera pas rendu obligatoire, nous n’y adhérerons pas. », souligne le président du FCAM. Jean-Baptiste Petignat ajoute que, selon les estimations de son club, l’installation de RED+ nécessiterait un investissement de 25'000 francs réparti sur 5 saisons.
A l’inverse de la Promotion League et de la 1re Ligue, les clubs de 2e ligue interrégionale ne sont pas obligés d’adhérer à RED+. Mais la Ligue amateur compte modifier ses prescriptions d'exécution dès la saison prochaine.
Des bénéfices impossibles en l’état
Le FC Tavannes/Tramelan a suivi en début de saison les recommandations de la Ligue amateur. Il a désormais l'impression d'être le dindon de la farce. « Nous avons joué les bons petits toutous (…) et nous nous retrouvons pénalisés », soupire Loïc Châtelain dont le club ne peut espérer tirer profit de son installation.
Selon Ringier Sports, les clubs ont 3 moyens de réaliser des bénéfices grâce au streaming. D’abord, en trouvant des sponsors à afficher sur la plateforme. Ensuite, en vendant des abonnements au prix plein de 89,90 francs par an ou 12,90 par mois et récupérer ensuite 25% des recettes qui en découlent. Et puis toucher une partie des revenus de RED+ redistribuée par la Ligue amateur.
Avec seulement 4 adversaires équipés dans son groupe de 2e ligue interrégionale, le FCTT se trouve dans une impasse. « Les rentrées d’argent liées à la vente d’abonnements ne sont pas possibles. Et puis j’avais espoir de trouver des sponsors mais comme les autres clubs n’ont pas suivi, le système n’est pas exploitable », regrette Loïc Châtelain.
De son côté, le réfractaire FC Ajoie-Monterri n’est pas convaincu par le sponsoring. « Nous éprouvons déjà des difficultés à trouver des sponsors car notre région compte beaucoup de clubs », grogne le président jurassien Jean-Baptiste Petignat.
Une poignée d’abonnés pour le moment
La 2e ligue interrégionale ne connaît pas d’euphorie en ce qui concerne la vente d’abonnements. La Ligue amateur indique que seules 14 souscriptions ont été enregistrées jusqu’à présent. L’instance en charge de la 5e division est encore loin de son objectif de 3'200 abonnements. /nmy













