La montagne au coeur d'une exposition multimédia à Martigny

La famille Gos qui a marqué le paysage artistique suisse de la fin du 19e et du début du 20e ...
La montagne au coeur d'une exposition multimédia à Martigny

La montagne au coeur d'une exposition multimédia à Martigny

Photo: Médiathèque Valais - Martigny / Collection Albert Gos

La famille Gos qui a marqué le paysage artistique suisse de la fin du 19e et du début du 20e siècle est au coeur d'une exposition à la Médiathèque Valais de Martigny. Sa passion familiale pour la montagne est à découvrir dès vendredi et jusqu'au 16 janvier 2021.

L'exposition intitulée 'Les Gos : une montagne en héritage' présente la production artistique alpine de cette famille protestante et bourgeoise, d’origine française, installée à Genève. Albert (1852-1942) et ses trois fils, François (1880-1975), Charles (1885-1949) et Emile (1888-1969), ont chacun abordé la montagne à leur manière, par la peinture, le dessin, la photographie, l’écriture ou la musique.

'L'exposition rend compte d'un esprit de l'éthique de la montagne', explique la directrice de la médiathèque Sylvie Délèze. Et de préciser qu'il fallait peut-être des gens extérieurs au canton pour se rendre compte de la fonction presque totem de certaines montagnes.

'Des oeuvres qui résonnent'

L’exposition met en scène les oeuvres alpines des quatre hommes produites sur environ un siècle de 1850 à 1950. Une période fascinante qui voit l'essor de l'alpinisme mais aussi l'envol de la peinture de paysages alpestres ainsi que leur promotion touristique, explique Maéva Besse, historienne de l'art et commissaire de l'exposition.

Ce n'est pas la seule famille suisse fascinée par les hauteurs, mais les quatre Gos ont oeuvré sur des supports différents donnant au thème des caractéristiques distinctes, souligne celle qui a consacré son mémoire universitaire à la famille genevoise. Et 'les oeuvres résonnent bien ensemble', relève Maéva Besse.

La famille Gos a peint, photographié, décrit, filmé de nombreuses montagnes mais il en est une qui les a tous captivés: le Cervin. A Martigny, cet amour partagé est bien visible. Ici, la reproduction romantique du Cervin par le père Albert, là des affiches touristiques de son fils aîné François, plus loin des photos d'Emile donnant à voir les autres faces de la montagne, tandis que les écrits de Charles, auteur notamment d'une nouvelle intitulée 'La Croix du Cervin', s'étalent sur les murs de l'installation.

L'image de la montagne

L'exposition invite par ailleurs à réfléchir à nos héritages culturel et familial mais aussi à leurs transmissions, trois thèmes qui servent de fil rouge à l'exposition. La première partie aborde le contexte de la production familiale; la deuxième, la transmission de l'amour de la montagne d'un père à ses enfants.

La dernière rappelle que les quatre artistes ont oeuvré à 'célébrer la montagne et à construire son image touristique, identitaire, culturelle et artistique notamment par leurs représentations des sommets, en particulier du Cervin', détaille Maéva Besse.

Pourtant, alors qu'ils 'constituent une famille d'artistes qui a connu un certain succès de son vivant, note Yann Decorzant, directeur du Centre régional d'études des populations alpines (CREPA) qui détient les archives de l'écrivain Charles Gos, la postérité les a, de façon un peu surprenante, partiellement oubliés'.

Pour Pernette Rickli-Gos, fille du peintre François Gos, et très admirative du travail effectué à Martigny, estime que cet amour pour la montagne s'est aussi transmis aux générations suivantes. 'Ce que j'ai reçu de mon père - et de ses frères et soeurs - c'est une manière de regarder et de sentir la montagne', confie-t-elle à Keystone-ATS. Ce don artistique des Gos n'est pas perdu 'et se retrouve chez nos enfants et petits-enfants', ajoute-t-elle.

Fruit d'une collaboration

'Les Gos: une montagne en héritage' est le fruit d’une collaboration entre la Médiathèque Valais-Martigny qui conserve une partie du fonds du photographe Emile Gos, et le CREPA détenteur des archives de l’écrivain Charles Gos, ainsi que de Maéva Besse. L'exposition est bilingue.

/ATS
 

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