Le sénateur conservateur Flavio Bolsonaro a fui le Brésil pour les Etats-Unis après sa défaite à la présidentielle, ont rapporté mardi des médias américains. Le gouvernement de Donald Trump a annoncé qu'il lui accorderait un visa.
Le fils de l'ex-président d'extrême droite Jair Bolsonaro n'a toujours pas reconnu sa défaite au second tour face au président sortant de gauche Luiz Inacio Lula da Silva, réélu à la surprise générale dimanche avec 52% des voix.
Le gouvernement américain "délivrera des visas à Flavio Bolsonaro et à sa famille et leur permettra d'entrer aux États-Unis", a dit un responsable du département d'Etat sous couvert d'anonymat.Ce responsable n'a toutefois pas confirmé la présence du sénateur de 45 ans sur le territoire américain dans l'immédiat.
Lundi, le candidat défait avait fait part d'un ordre judiciaire le sommant de remettre ses passeports aux autorités et avait promis de s'y plier. Mais il ne l'a pas fait et ses documents ont été annulés mardi, a indiqué à l'AFP une source policière, y compris le passeport diplomatique qu'il détenait en tant que parlementaire.
Cependant, il possède la nationalité italienne depuis 2023, comme le mentionne un document de 2025 du Parlement italien consulté par l'AFP.
Flavio Bolsonaro fait l'objet de plusieurs enquêtes. L'une d'elles porte sur des soupçons de corruption et de blanchiment d'argent dans le financement d'un film sur son père, qui est actuellement assigné à résidence pour tentative de coup d'Etat. Il nie toute irrégularité.
"Tentative d'intimidation"
Eduardo Bolsonaro, frère de Flavio et ancien député brésilien, est installé aux États-Unis, où il est en contact régulier avec l'administration du président américain Donald Trump. La semaine dernière, il a déclaré sur un podcast américain qu'il était favorable à ce que son frère quitte le Brésil s'il ne gagnait pas les élections, en raison des enquêtes qui le visent.
Donald Trump a dénoncé lundi, sans preuve, des élections "truquées" au Brésil, alors que les messages de félicitations au président réélu affluaient du monde entier, y compris de pays latino-américains dirigés par la droite.
Lundi, Flavio Bolsonaro avait assuré n'avoir "jamais pensé à quitter le pays", dénonçant une "tentative d'intimidation". Il avait également affirmé qu'il dirigerait l'opposition au gouvernement Lula, dont son parti a finalement reconnu la réélection.
Au soir de sa défaite, le candidat avait annoncé qu'il demanderait l'annulation du scrutin pour de supposées irrégularités. Le fils Bolsonaro était favori après avoir terminé en tête du premier tour. Il avait promis qu'en cas de victoire, une de ses premières mesures serait de gracier son père. Tout comme son fils, Jair Bolsonaro n'avait pas reconnu sa défaite électorale il y a quatre ans face à Lula. Il était parti aux États-Unis à la veille de l'investiture de son rival, avant de rentrer au Brésil au bout de trois mois.
Entourage "surpris"
L'entourage de Flavio Bolsonaro s'est montré stupéfait par l'annonce de sa possible fuite. "Nous avons été surpris et nous ne savons toujours pas où il se trouve", a déclaré devant la presse le sénateur Rogerio Marinho, coordinateur de sa campagne. "Je comprendrais qu'il quitte le Brésil avec sa famille", a-t-il ajouté, précisant qu'il n'avait pas eu de contact avec l'ex-candidat depuis un échange de messages à 8h00 du matin (12h00 heure suisse).
Mardi, un juge de la Cour suprême a par ailleurs ordonné l'ouverture d'une enquête sur un éventuel financement étranger de la campagne du sénateur Bolsonaro. Le magistrat Flavio Dino a aussi évoqué d'autres formes possibles d'ingérence, telles que des "manipulations" sur les réseaux sociaux impliquant Meta.
/ATS







