Affaire Lyhanna: des défaillances d'une « extrême gravité »

Une mission d'inspection sur l'affaire Lyhanna 'établi une vérité d'une extrême gravité', a ...
Affaire Lyhanna: des défaillances d'une « extrême gravité »

Affaire Lyhanna: des défaillances d'une

Photo: KEYSTONE/EPA/Guillaume Horcajuelo

Une mission d'inspection sur l'affaire Lyhanna 'établi une vérité d'une extrême gravité', a déclaré lundi le Premier ministre Sébastien Lecornu. Le meurtrier et violeur présumé de la jeune de 11 ans avait déjà fait l'objet de plusieurs plaintes restées sans suite.

La petite Rosa, dont la mère a déposé plainte en août 2025 contre Jérôme Barella, suspecté du meurtre de Lyhanna, a dit avoir subi 'une cinquantaine de viols' de la part de ce dernier, indique la mission d'inspection chargée de faire la lumière sur les dysfonctionnements dans cette affaire.

Or, il n'a jamais été entendu par les enquêteurs avant le meurtre de Lyhanna.

'La chaîne de protection a failli', en raison d'une 'succession d'erreurs, de négligences, d'inactions et de mauvaises décisions', a ajouté Sébastien Lecornu à qui cette mission a remis lundi son rapport.

La mort de Lyhanna, 11 ans, dont le corps a été retrouvé le 4 juin à Puycasquier, une petite commune du département du Gers (sud-ouest de la France), a suscité un émoi national, d'autant que Jérôme Barella faisait déjà l'objet de plusieurs plaintes pour agressions sexuelles et viols sur des enfants.

'Perte de temps et absence de suivi'

'Le rapport ne décrit ni un simple dysfonctionnement administratif ni un manque de moyens. Il souligne d'abord que les premiers actes d'enquête réalisés par la première juridiction et les enquêteurs ont été conduits de manière efficace. Mais la suite de la procédure a été marquée par une succession d'erreurs, de négligences, d'inactions et de mauvaises décisions, à plusieurs niveaux de la chaîne judiciaire et de l'enquête', a estimé le chef du gouvernement.

Rédigé par les services de l'inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN) et celle de la justice (IGJ), le rapport, a été réalisé à partir d'une trentaine d'entretiens.

Il pointe 'un cumul de pertes de temps et une absence de suivi de procédure, tant de la part du parquet que de la gendarmerie à l'arrivée de la procédure au parquet d'Auch' dans le Gers, a déclaré le chef de l'IGJ Stéphane Noël devant la presse à l'issue de sa rencontre avec le Premier ministre.

La plainte d'août 2025 n'a 'pas été traitée comme une procédure prioritaire': 'le caractère sensible de la procédure n'a pas été relayé, la procédure n'a pas été orientée vers le bon service de gendarmerie, retardant son traitement', a détaillé Stéphane Noël.

Il met aussi en avant 'une absence de prise en compte suffisante de l'urgence' au regard du profil de Jérôme Barella.

/ATS
 

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