Tester le sol, pour le rendre plus productif

Entre 80 et 90 agriculteurs ont décidé de prendre part au programme de protection des ressources ...
Tester le sol, pour le rendre plus productif

Entre 80 et 90 agriculteurs ont décidé de prendre part au programme de protection des ressources, Terres vivantes, initié par la Fondation rurale interjurassienne. Accompagnés d’une équipe scientifique, ces paysans du Jura et du Jura bernois vont apprendre à analyser leurs champs

Les vers de terre sont un indicatif de la fertilité du sol. Les vers de terre sont un indicatif de la fertilité du sol.

Ils vont observer la terre dans ses moindres détails.
Près de 90 agriculteurs du Jura et du Jura bernois ont décidé de prendre part au projet Terres vivantes, initié par la Fondation rurale interjurassienne (FRI). Ce programme s'attache à améliorer la qualité structurale de certains sols agricoles pour permettre plus de productivité. Et pour ce faire, il faut déterminer la teneur du sol en matière organique : plus il y en a, plus il est en bonne santé.


Mettre la main à la terre

Mais concrètement, comment analyse-t-on de la terre ? La FRI propose tout d’abord aux agriculteurs de réaliser un test à la bêche, comme l’explique Amélie Fietier, conseillère en production végétale à la FRI : « On sort un bloc de sol d’une trentaine de centimètres de profondeur et on évalue sa structure. On analyse notamment la forme des agrégats, pour déterminer la qualité du sol. »

Sonder la terre, mais aussi sonder sa population… Tous les mois, des pièges à carabes seront installés, pour capturer ces coléoptères. Plus il y aura d’espèces différentes, plus cela démontrera une richesse du sol. Et les vers de terre auront aussi leur mot à dire. Comme le révèle Claire Le Bayon, professeure en écologie fonctionnelle à l’Université de Neuchâtel, ces petits animaux feront partie intégrante du programme : « Ils fabriquent les agrégats et sont donc à l’origine de la fertilité du sol. Ils l'aèrent en créant les galeries .» Donc plus il y a de vers de terre, mieux c’est.


Etudes scientifiques

Les agriculteurs qui prennent part au projet Terres vivantes auront 8 ans pour observer leur parcelle et apprendre à la connaître. Leurs résultats seront étudiés par des scientifiques. Ils devraient pouvoir à terme déterminer quelles sont les pratiques à mettre en œuvre pour garantir un sol riche en matière organique. « La matière organique est composée de carbone. Ainsi, plus on a de matière organique dans le sol, plus on peut stocker de carbone : c’est intéressant d’un point de vue écologique », admet Amélier Fietier. Pour autant, il n’existe pas de recette miracle : « Selon l'endroit où l'on vit, le sol est différent. Donc chaque agriculteur doit réaliser ses propres tests pour comprendre son sol et le rendre plus productif », ajoute Amélie Fietier.

Le projet Terres vivantes est budgétisé à 10 millions de francs sur 8 ans. Il est réalisé en lien avec la Confédération et devrait à terme concerner les agriculteurs qui le souhaitent sur tout le territoire national. /cto


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