Poissons et algues s'adaptent aux eaux glaciales et au gel

Le phénomène des lacs gelés au coeur de l'hiver réjouit les photographes comme les patineurs ...
Poissons et algues s'adaptent aux eaux glaciales et au gel

Poissons et algues s'adaptent aux eaux glaciales et au gel

Photo: Keystone

Le phénomène des lacs gelés au coeur de l'hiver réjouit les photographes comme les patineurs de tout âge. Les poissons et les algues aussi, qui profitent des bienfaits de l'eau froide sous la surface glacée.

Les eaux de surface doivent pouvoir plonger, car elles véhiculent l'oxygène jusque dans les profondeurs, explique à l'ats Pascal Stucki, directeur du bureau d'étude en biologie des organismes aquatiques Aquabug à Neuchâtel. 'En hiver, l'air froid rafraîchit les couches supérieures des eaux lacustres, qui plongent mieux parce que l'eau froide est plus dense et donc plus lourde que l'eau chaude.'

Les poissons migrent vers le fond, où l'oxygène est le plus présent, poursuit Philipp Sicher, directeur de la Fédération suisse de pêche. 'C'est aussi là qu'il fait le plus chaud: le fond des lacs ne descend jamais au-dessous de quatre degrés.'

Les poissons sont des animaux à sang chaud qui adaptent la température de leurs corps à l'environnement, rappelle M. Sicher. Ils réduisent aussi leurs mouvements pour diminuer leurs besoins en oxygène. La glace fait en outre office d'isolant: 'C'est surtout bon pour les algues, qui ont besoin de moins d'énergie parce qu'elles reçoivent peu de lumière et ne réalisent pas la photosynthèse'.

Les résidents des lacs peuvent s'adapter sans problème aux mois les plus froids de l'hiver, souligne M. Stucki. C'est toutefois plus difficile s'il y a très peu de précipitations, comme ce fut le cas à la fin 2016. 'Quand le niveau de l'eau descend trop vite et que la rive commence à s'assécher, des organismes vivant au bord des lacs n'ont pas le temps de migrer. C'est arrivé dernièrement aux moules.'

Ce phénomène est toutefois rare dans les lacs naturels, assure M. Fischer. Les fluctuations du niveau de l'eau n'y sont en général pas aussi fortes que dans les eaux régulées.

Quatre degrés pour geler

Pour que la surface d'un lac gèle, le plan d'eau entier - soit le volume total des eaux - doit se rafraîchir et atteindre quatre degrés. La surface peut alors seulement descendre à 0 degré et geler, détaille Daniel Gerstgasser, météorologue à MétéoSuisse.

La superficie du lac n'a pas d'importance dans le phénomène, contrairement à sa profondeur: 'Plus le lac est profond, plus il a besoin de jours avec des températures au-dessous de 0 pour se refroidir et pour que la surface gèle', ajoute M. Gerstgasser.

La 'somme de froid' nécessaire est différente pour chaque lac, mais peut être aisément calculée. En additionnant les températures négatives moyennes de chaque journée hivernale, on peut estimer quand les plans d'eau vont atteindre leurs valeurs-limites et quand une couche de glace va se former.

Les amateurs de glisse peuvent chausser leurs patins dès que la glace atteint une épaisseur de 12 cm et est de bonne qualité, si possible sans bulles d'air - c'est-à-dire que la surface a pu geler en l'absence de vent et de précipitations. Comme au lac Blanc (Lago Bianco), dans les Grisons, qui possède une qualité optimale, selon le météorologue. En Valais, la surface du lac de Champex a pu elle accueillir samedi une compétition internationale de moto sur glace.

/ATS
 

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