Des campagnes trop discrètes entraînent le « statu quo » législatif

L'échec de la réforme de la prévoyance vieillesse trouve aussi son origine dans une campagne ...
Des campagnes trop discrètes entraînent le « statu quo » législatif

Des campagnes trop discrètes entraînent le

Photo: Keystone

L'échec de la réforme de la prévoyance vieillesse trouve aussi son origine dans une campagne tiède, selon un politologue. Si, en plus, le projet est complexe, le peuple tend à voter pour le 'statu quo' - et contre les réformes.

Marc Bühlmann, politologue à l'université de Berne, étudie les conséquences des campagnes sur les résultats des votations. Son équipe a analysé les annonces publicitaires des partisans et des opposants de la Prévoyance vieillesse 2020, imprimés ou publiés sur internet jusqu'à dix jours avant la votation.

En comparaison avec d'autres campagnes, celle pour la prévoyance vieillesse a peu misé sur ces annonces, a dit lundi à l'ats M.Bühlmann. Malgré l'influence de la couverture médiatique et l'importance croissante des médias sociaux, les annonces classiques ont, de l'avis des chercheurs, encore et toujours une influence significative sur la participation de l'électorat.

Comme le chocolat

La publicité peut mobiliser les personnes, a expliqué l'expert bernois. Les électeurs ont souvent déjà une opinion sur un sujet - même si elle n'est présente que de manière inconsciente. Lorsqu'ils voient une annonce pour une votation, celle-ci peut éveiller l'intérêt pour le sujet soumis au peuple.

Il est moins probable que ces publicités puissent retourner de 180 degrés l'avis des votants. M. Bühlmann les compare au chocolat: Quand nous voyons une publicité pour du Toblerone, cela avive notre envie de chocolat - mais pas nécessairement notre appétit pour la marque Toblerone.

Les annonces publicitaires servent d'indicateurs afin de savoir avec quelle intensité les campagnes ont été menées et comment la population a été mobilisée. Une campagne peu intense, comme celle de la prévoyance vieillesse, attire moins de votants aux urnes, ajoute l'expert. Selon lui, si la faible participation coïncide avec un projet complexe, comme cela a été le cas dimanche, le peuple s'accroche à ce qu'il connaît et rejette les réformes.

/ATS