Rejetant les critiques après avoir douché les espoirs de réouverture des commerces le 1er mars, le ministre de la santé Alain Berset appelle les Suisses à faire preuve de patience face à la pandémie de Covid-19. Il laisse toutefois entrevoir certains assouplissements.
« Le Conseil fédéral fixera la ligne la semaine prochaine; il y aura ensuite une consultation auprès des cantons », déclare-t-il dans un entretien diffusé vendredi dans plusieurs journaux romands.
« Nous voyons ce qu’il se passe. Nous comprenons les frustrations et souhaitons aussi des réouvertures », explique le conseiller fédéral socialiste, alors que la situation sanitaire continue à s'améliorer en Suisse. Mais « nous devons garder une certaine prudence », en raison de la progression des cas d'infections aux nouveaux variants de SARS-CoV-2.
Critiques du PLR et de l'UDC
Les milieux économiques et plusieurs partis politiques, dont le PLR et l'UDC, ont vivement réagi, après que M. Berset a déclaré la semaine dernière qu'il ne fallait pas s'attendre à ce que toutes les mesures de restrictions soient levées le 28 février. Une pétition exigeant la fin du confinement a réuni plus de 210'000 signatures.
Le ministre de la santé rejette les critiques: « Je vois bien que cette situation est insupportable pour ceux qui ont un magasin, un restaurant, un cinema ». Le Conseil fédéral écoute toujours tous les avis, assure-t-il. Mais l'évolution de la situation sanitaire actuelle « comporte des risques importants ».
Il note cependant que « depuis le début de la crise, nous constatons aussi que ces voix s'expriment fort à chaque fois que la situation s'améliore, mais qu'elles se taisent quand les contaminations explosent ». Lorsque le nombre de cas de Covid-19 augmente, « seuls ceux qui nous accusent d'avoir laissé la situation dégénérer se font entendre ». Toutes les attentes ne peuvent pas être satisfaites à chaque moment, ajoute-t-il.
Trop de relâchement en été
Le Fribourgeois de 48 ans s'oppose également aux accusations pointant l'absence de stratégie du Conseil fédéral pour faire face à la crise. « Je comprends que les partis politiques demandent des certitudes. Mais dans une crise, c'est une denrée très rare, voire inexistante ». Il appelle à « apprendre à faire sans » et à « rester flexible ».
Tirant un bilan après une année de pandémie, le ministre de la santé estime que la Suisse s'est trop relâchée pendant l'été. « Mais après des semaines de restrictions, je crois que tout le monde avait aussi besoin de respirer un peu ». Il remarque également que le gouvernement a été « trop optimiste avec la reprise des grandes manifestations » durant l'automne.
Il pointe encore des erreurs de communication entre la Confédération suisse et les cantons. « Depuis le début de la crise, le Conseil fédéral a essayé, autant que possible, de protéger les personnes vulnérables », affirme-t-il, soulignant que les recettes toutes faites n'existent pas.
/ATS








