La Suisse est le pays d'Europe où le taux d'incidence est le plus élevé après la Grande-Bretagne, a pointé mardi Virginie Masserey, cheffe de la section contrôle des infections de l'Office fédéral de la santé publique (OFSP), devant les médias. Il se situe à 400 pour 100'000 habitants sur 14 jours.
Si les nouvelles hospitalisations diminuent, les décès continuent de lentement augmenter. Et les soins intensifs restent fortement sollicités: 84% des lits certifiés en soins intensifs sont occupés, dont 42% par des patients Covid.
Certaines régions sont plus surchargées que d'autres, a précisé Andreas Stettbacher, délégué du Conseil fédéral pour le Service sanitaire coordonné. La situation est critique à Berne, Zurich, Genève et en Thurgovie.
Rapatriements en vue
La situation tendue dans les unités de soins intensifs complique le retour des quatre-vingt malades atteints du Covid-19 en attente d'un rapatriement. Environ 10% d'entre eux doivent être évacués d'urgence. Ils devraient l'être dans l'espace d'une semaine. Les autres pourraient devoir prendre leur mal en patience.
Les cantons sont responsables de leur répartition dans les lits disponibles en soins intensifs. Faute de place, une instance de coordination pourra les soutenir.
Cancre européen
Avec le variant delta, les patients hospitalisés sont toujours plus jeunes et sans forcément de facteurs à risque. « Personne n'est à l'abri d'une hospitalisation », a souligné Virginie Masserey. La majorité de ces hospitalisations sont évitables, a-t-elle continué, rappelant que 90% des patients hospitalisés ne sont pas vaccinés. Les mesures sanitaires, comme le port du masque, le respect de la distance, l'aération des locaux ou encore le dépistage, permettent de freiner l'épidémie, a concédé la présidente de la Task force scientifique Tanja Stadler. Mais aucune n'est aussi efficace que la vaccination.
Le tempo de la vaccination doit être accéléré, a-t-elle estimé. A la vitesse actuelle, la Suisse n'atteindra le taux de vaccination de la France, de l'Italie ou de la Grande-Bretagne qu'à Noël et celui du Portugal qu'au début du printemps. Les personnes ayant développé des anticorps suite à une maladie ont également tout intérêt à tendre l'épaule. Elles sont moins bien protégées face aux autres variants et risquent plus souvent de se réinfecter, a relevé Virginie Masserey.
Pas encore de troisième dose
En revanche, Berne ne recommande toujours pas de troisième dose, a indiqué Tanja Stadler. Les études ne sont pas encore unanimes sur sa nécessité ou son utilité. /ATS-cer









